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Boualem Aksil: «Je souhaite ardemment favoriser le bien-vivre ensemble»

Parallèlement à une activité professionnelle exercée dans des collectivités publiques, Boualem Aksil s’est toujours impliqué avec beaucoup d’énergie et d’amour dans la vie sociale de Marseille. Depuis trente deux ans, il préside l’association Marseille Plus qu’il a créé avec une volonté farouche de renforcer les échanges entre les marseillais de toute origine et de toute condition sociale et de promouvoir des valeurs comme le civisme et la laïcité.

Aujourd’hui, il souhaite s’investir dans l’action publique en se présentant dans le 4e canton dans le cadre des élections départementales. Son ambition est d’œuvrer pour le rapprochement des communautés et des quartiers de Marseille dans un esprit de concorde et d’harmonie. Entretien exclusif Jean-Pierre Enaut.

Sud Infos Plus: Quel est votre parcours ?

Boualem Aksil : J’ai grandi dans une famille modeste dans les quartiers Nord à Marseille. J’ai suivi des études de droit et j’ai complété ce cursus tardivement avec un diplôme de dirigeant d’association à Sciences Po. Je me suis très tôt intéressé aux problèmes des quartiers de Marseille.

Sud Infos Plus: Vous avez créé l’association Marseille Plus. C’était indispensable selon vous?

B.A: J’ai souhaité œuvrer à ma mesure aux problèmes des quartiers en créant avec une équipe de bénévoles, il y de cela trente deux ans, une association pour rapprocher les communautés. Chacune d’elle avait ses activités culturelles et sportives comme son propre club de football. Cela générait des tensions. Mon objectif a été de promouvoir les échanges et de développer la solidarité entre les habitants de tous les horizons dans un climat de convivialité.

Sud Infos Plus: Quelle a été votre première action?

B.A: En partenariat avec la Logirem et le concours de jeunes bénévoles, nous avons créé l’USIS* réunissant des jeunes de toutes les communautés dans différentes disciplines. Cette mosaïque de jeunes a contribué à édifier un climat serein dans des quartiers difficiles. Nous avons aussi mis en place avec les parents d’élèves, les enseignants et l’aide de la ville, une campagne de reboisement pour le renouveau du quartier de Font Vert.

Sud Infos Plus: Quels ont été les objectifs ?

B.A: Il s’agissait tout d’abord de véhiculer des valeurs de partage, de solidarité mais aussi de lutter contre des fléaux que sont le désœuvrement, la drogue et la délinquance. L’une de nos priorités a été d’organiser des campagnes de sensibilisation pour l’inscription sur les listes électorales. Nous avons agi pour que les jeunes vivant sur ce territoire connaissent à la fois leurs droits et leurs devoirs. Nous souhaitions en faire des acteurs de leur vie, des citoyens à part entière.

Sud Infos Plus: N’avez pas été aussi l’un des pionniers du rapprochement des communautés ?

B.A: J’ai été reçu dans les années 90 par un conseiller du président François Mitterand avec les représentants des sept communautés éthiques différentes. J’en garde un souvenir ému.

Sud Infos Plus: Vous avez été partie prenante de la commission de lutte contre le racisme?

B.A: J’ai été sollicité par le premier ministre Michel Rocard. Nous avons travaillé avec le Préfet et organisé des tournois sportifs dans différents quartiers comme la Savine et le 14e arrondissement. Mon crédo a toujours été le bien-vivre ensemble.

Sud Infos Plus: Le dialogue est pour vous essentiel avec les jeunes et demeure indispensable en toute circonstance. Vous l’avez constaté, n’est ce pas?

B.A: Le constat est sans appel. Lorsqu’il n’y a plus de dialogue, plus de repères, les jeunes se laissent happer et ils glissent dans la délinquance ou pire, comme c’est le cas actuellement avec du terrorisme. Tant qu’il y a des personnes relais, des bénévoles, tout va bien. Lorsque des jeunes d’un club de sport nous ont sollicités pour des maillots, nous avons trouvé un sponsor qui les a financés.

Sud Infos Plus: Vous avez initié les trophées pour récompenser celles et ceux qui ont fait rayonner Marseille. N’est ce pas une grande fierté pour vous?

B.A: Je suis en effet très fier que les trophées aux serviteurs de l’Etat participent au processus de rapprochement entre les hommes. Depuis 2010, les trophées de l’Espoir mettent, quant à eux, en valeur celles et ceux qui se sont illustrés par leur projet, leur action, leur fonction ou leur travail et ont le plus contribué à faire rayonner Marseille et sa région.

USIS: (Union sportive

Intercommunautaire de la Savine)

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