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Des places réservées prochainement aux bateaux électriques dans les ports de plaisance

En 2022, les ports de plaisance de plus de 100 places devront réserver 1% de leurs emplacements à des bateaux électriques. L’enjeu est d’engager une transition écologique dans le nautisme similaire à celle vécue dans l’automobile. Mais le marché du bateau électrique peine à décoller.

La révolution électrique va t-elle se réaliser également dans le nautisme ? Si elle l’est dans l’automobile, les changements sont pour l’heure apparaissent confidentiels dans le secteur du nautisme. Peu de demandes de bornes de recharge et une offre de bateaux insuffisante, la transition écologique dans les ports reste au stade embryonnaire.

Pourtant, une loi adoptée en juin 2019 obligera bientôt les ports de plaisance de plus de cent places à réserver 1% de leurs emplacements aux bateaux électriques. Mais les députés y vont doucement car ils limitent leur loi aux marinas de forte capacité et aux places de longue durée (celles d’un an).

Si environ 2.000 places pour bateaux électriques devraient ainsi naître d’ici le 1er janvier 2022, date d’entrée en vigueur de la loi. L’objectif reste bien insuffisant pour Xavier de Montgros, président de l’association française pour le bateau électrique, qui aimerait plutôt atteindre les 5%.

« La transition va se faire toute seule, c’est la tendance naturelle », présage Guillaume Jacquet, fondateur de Seazen,société d’écotourisme de mer par bateaux électriques et solaires basés dans les Alpes-Maritimes. Pour cet ambassadeur de la navigation électrique, c’est le manque d’information qui maintient cependant le nautisme écologique à des proportions infimes.

« Cela reste abstrait pour les navigateurs alors que la plupart pourraient s’en contenter », explique-t-il. « La majorité des propriétaires de bateaux ne font que quelques kilomètres pour se baigner dans un joli coin, l’électrique suffit amplement pour ces trajets-là ».

Même constat du côté de Patrice Picon, directeur du pôle Nautisme, Mer et Développement de Port-Saint-Louis-du-Rhône, « il n’y a aucune demande ! », règle-t-il. « Nous n’avons pour l’heure aucune borne électrique mais nous suivrons évidemment les directives de cette loi en en créant. Mais encore faudrait-il réserver ces places à des bateaux qui existent… », ironise le Saint-Louisien.

 

De son côté, le conseil de territoire Marseille-Provence se targue d’avoir enclenché la transition : « Il pourrait être envisagé dans le cadre du renouvellement des bateaux des capitaineries d’opter pour des équipements électriques sous réserve d’expérimentations et de tests techniques », explique l’institution.

Vincent Dufour est lui fabricant de scooters de mer électriques. Basé à Montpellier, il se soucie depuis plusieurs années d’une navigation respectueuse de l’écosystème marin.

« Un petit bateau thermique est l’équivalent énergétique de sept voitures, comment peut-on encore accepter ça ? D’autant qu’il y a aussi la pollution sonore, dont on parle peu, et qui fait baisser la reproductivité des poissons ».

Pour ce passionné et fondateur de la société Neocean, le frein à la transition vers l’électrique vient surtout du manque d’offre. « Le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas assez de fabricants de bateaux électriques. Torqeedo, une marque allemande, a le quasi monopole sur les moteurs électriques, on a presque aucune offre en France… Pourtant, 90% des ports du sud ont des équipements électriques qui suffiraient pour des recharges longues ».

Celui qui travaille sur l’idée de « bateau du futur » regrette également le manque d’avantages fiscaux pour les acheteurs.

Aujourd’hui en France, 9.000 bateaux électriques de plaisance sont recensés. Un chiffre en « très lente » progression selon Xavier de Montgros. « Les ventes augmentent de 10% chaque année, contre 50% pour les voitures électriques. Le retard est grand… mais on y arrivera ! », estime le président de l’association française pour le bateau électrique.

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