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Election présidentielle : Nathalie Arthaud a déjà recueilli ses 500 parrainages

Comme en 2012 et 2017, et comme Arlette Laguiller avant elle, la candidate de Lutte ouvrière (LO) a validé sans problème sa candidature pour l’élection présidentielle, en dépit d’un faible poids politique. Nathalie Arthaud a franchi la barre et le ticket est d’ores et déjà validé.

En rassemblant, le 15 février, 509 parrrainages, elle s’est ainsi qualifiée pour sa troisième élection présidentielle consécutive.

La voix des travailleurs

La candidate de Lutte ouvrière (LO) va de nouveau tenter de faire entendre la voix du mouvement trotskiste au niveau national, après deux premières tentatives confidentielles en 2012 (0,56% des suffrages) et 2017 (0,64%). Reste toutefois une interrogation, : malgré son modeste poids politique, comment Nathalie Arthaud a-t-elle si facilement dépassé un seuil de qualification que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou Eric Zemmour peinent à atteindre ?

La responsable d’extrême gauche n’en est pas à son coup d’essai. En 2017, elle avait réussi le coupde force d’obtenir les parrainages en seulement une semaine. Cinq ans plus tôt, elle avait été la première candidate à avoir obtenu ses signatures alors que les parrainages recueillis par les candidats n’étaient pas encore rendus publics par le Conseil constitutionnel au fur et à mesure de leur collecte, comme ils le sont désormais. Les candidates de Lutte ouvrière que ce soit Arlette Laguiller puis Nathalie Arthaud, n’ont ainsi jamais manqué une élection présidentielle depuis… 1969.

Une forte implantation locale

Pour expliquer cette floraison de parrainages, à cette présidentielle comme aux précédentes, l’enseignante de Seine-Saint-Denis confie ne pas avoir de secret.

Le poids de Lutte ouvrière apparaît très faible au niveau national: le parti ne compte ni parlementaire ni conseiller territorial et revendique seulement 16 élus aux dernières élections municipales.

LO ne peut donc pas compter sur ses propres élus pour engranger les 500 parrainages requis. Pas de quoi freiner les ambitions de Nathalie Arthaud, qui raille ceux qui s’étonnent de la voir valider sa candidature aussi facilement.« C’est notre implantation locale qui explique ces parrainages », plaide la candidate.

Cet événement ppolitique est le moment phare où LO peut le plus faire entendre ses idées, le parti n’attend pas les dernières semaines avant cette échéance pour se mettre en ordre de bataille.

Le mode opératoire est précis: un an avant l’élection présidentielle, les comités locaux du parti sont chargés de quadriller le milieu rural pour cibler les précieuses signatures. « Ce sont des efforts militants pendant plusieurs mois », reconnaît la candidate. «C’est un vrai parti à l’ancienne, avec une hiérarchie et une discipline militaire. Chacun sait ce qu’il doit faire».

Un travail de fourmi

Au total, la structure affirme compter 8 000 militants, intensément mobilisés dans la quête de ces parrainages auprès des élus. «Nous nous déplaçons physiquement, on va discuter avec ces élus», souligne Nathalie Arthaud. La candidate raconte avoir elle-même rencontré en 2021 une dizaine de maires de la Drôme, son département d’origine, pour faire monter le compteur de signatures. «Je suis même partie en randonnée avec deux d’entre eux» relate t-elle avec humour.

Marc Henneveux, maire sans étiquette d’Allemant, petite commune de l’Aisne, a reçu la visite d’un militant Lutte ouvrière de Seine-Saint-Denis, l’année dernière. «Ils labourent le terrain», s’amuse l’édile, qui leur a apporté sa signature pour la troisième fois depuis qu’il est devenu maire, en 2001. Nombreux sont ceux qui, comme lui, parrainent sans se sentir forcément proche de la mouvance trotskiste. «Nous ne visons quasiment que des maires sans étiquette», confirme Nathalie Arthaud.

Afin de récolter les signatures des élus, les militants ne misent pasvraiment sur les idées de leur candidate. «Le militant qui est venu me voir m’a dit que je n’étais pas obligé de partager leurs idées», raconte Marc Henneveux. «Ils ne sont pas d’accord avec toute notre politique, mais ils estiment que notre voix est légitime et mérite d’être entendue», assure Nathalie Arthaud, dont les partisans recontactent plusieurs fois ceux qui ont apporté leurs paraphes lors des précédentes campagnes.

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