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Election présidentielle : un manifeste pour soutenir l’attractivité des petites villes

L’Association des petites villes de France présentait ce 1er mars un document destiné aux candidats à la présidentielle. Intitulé « Petites villes, cœur battant des territoires« , il décline une série de propositions en matière de santé, de grand âge, de logement, de développement économique, de transition écologique… sans oublier les enjeux de finances et de gouvernance.

« Petites villes, cœur battant des territoires ». Tel est le titre choisi par l’Association des petites villes de France (APVF) pour son manifeste élaboré en vue de l’élection présidentielle. Un document qui va être envoyé à l’ensemble des candidats et aura ensuite vocation à servir de référence, durant la prochaine législature, pour ces maires de villes comptant entre 2.500 et 25.000 habitants. L’APVF s’était livrée au même exercice il y a cinq ans, intitulant alors sa contribution « Il est venu le temps des collectivités à taille humaine».

Un intitulé presque prophétique, estime aujourd’hui Christophe Bouillon, qui a succédé à Olivier Dussopt à la tête de l’association, évoquant tour à tour la crise des gilets jaunes, la crise sanitaire et l’attractivité actuelle des petites villes.

En évoquant, aussi, des rendez-vous honorés au fil du quinquennat : Agenda rural, Action cœur de ville (les deux-tiers des villes engagées dans le programme font « aussi » partie de la strate démographique qu’entend représenter l’APVF, fait-il valoir), Petites villes de demain…

Et des « rendez-vous manqués » : la logique désormais dominante des appels à manifestation d’intérêt (qui génère « une prime à l’ingénierie », « une forme de verticalité »), la décentralisation que la loi 3DS ne vient que très partiellement faire progresser…

La contribution de l’APVF se structure en quatre grandes thématiques. La première, « Mieux vivre dans les petites villes », se veut ancrée dans les préoccupations quotidiennes des habitants à l’heure d’un « désir de petite ville » et d’exigences accrues en termes de services de proximité, notamment de la part des nouveaux arrivants.

« Mieux vivre », c’est avoir accès aux soins. Si l’APVF a « longtemps été favorable à la coercition, elle s’est « assouplie et dessine plutôt aujourd’hui une palette de solutions à mettre en place.

Un objectif : « au moins un médecin pour 1.000 habitants ». Ce qui impliquerait une régulation de l’installation des médecins libéraux en vue d’un rééquilibrage entre zones surdotées et sous-dotées. Le fait d’aller vers plus de gestes médicaux prodigués par d’autres professionnels de santé (pharmaciens, infirmiers…) fait également partie des propositions.

Santé donc, et… longévité. L’APVF plaide en effet pour des villes « les plus adaptées possibles » aux personnes âgées. D’où, entre autres, le vœu d’un volet « bien vieillir » dans le programme Petites villes de demain (PVD), une attention portée à l’habitat inclusif, et une proposition : « travailler sur des contrats locaux de longévité ».

Mieux vivre… c’est aussi mieux se loger. Parmi les priorités de l’APVF : inciter à la réhabilitation des logements anciens. Autrement dit, « mieux accompagner les propriétaires dans l’adaptation des logements de centre-ville » (TVA réduite, extension aux zones détendues de certaines aides, possibles interventions de l’Anru…). Et, afin de « favoriser la mixité sociale », envisager une extension du Pinel au logement social.

Le deuxième axe du manifeste est placé sous le signe de l’attractivité – entendu cette fois d’un point de vue économique.

Il sera ici question d’un « aménagement du territoire au service de l’équilibre » qui passerait notamment par la création d’un « fonds national de solidarité territoriale » abondé par l’Etat et les métropoles.

Autre préoccupation : une plus forte territorialisation du plan de relance pour mieux coller aux besoins réels. En lien avec les enjeux économiques locaux et « l’employabilité », l’APVF met par ailleurs l’accent sur la nécessité de « redessiner la carte des formations« .

Le programme PVD est un levier très important. L’APVF a obtenu auprès d’Agnès Pannier-Runacher l’insertion d’un volet industrie. Sur PVD, la principale attente des petites villes est d’être sécurisées dans une approche pluriannuelle des financements et de voir PVD être dès maintenant prolongé au-delà de 2026.

Sur le troisième axe, celui de la transition écologique, deux grandes propositions : la création d’une « dotation verte » allouée aux collectivités et le lancement d’un plan d’investissement pour les petites lignes ferroviaires. La transition écologique et énergétique connaît aujourd’hui une tendance vertueuse sur les volets industrie et agriculture mais s’avère beaucoup plus difficile côté bâtiments et côté mobilités.

Enfin, le dernier axe pose la question des moyens, notamment financiers. Antoine Hommé, maire de Wittenheim, mentionne quelques éléments de bilan : une DGF en baisse pour certaines villes malgré la stabilité de l’enveloppe globale, un effondrement du pouvoir de taux, les contrats de Cahors certes suspendus, le recul de l’investissement public local, une péréquation plus horizontale que verticale…

Dans ce contexte, les demandes de l’APVF ne manquent pas : mise en place d’une instance de contractualisation en vue d’un « pacte financier », DGF bonifiée d’une part de croissance (une forme d’intéressement), réforme de cette même DGF (même si l’on sait que c’est « très compliqué, surtout à enveloppe constante…), globalisation de la DSIL (que cette dotation d’investissement n’abonde pas uniquement les projets choisis par l’Etat), réintroduction d’un pouvoir de taux…

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