Le magazine de la vie politique dans la région Sud

jean-marc_governatori

Elections régionales juin 2021 : un pôle écologiste en région Sud en ordre de marche

Il y avait un avant et un après 3 mars 2021. La date peut apparaître comme historique pour certains. Elle n’en demeure pas moins une date essentielle pour l’ensemble des formations écologistes qui pour la première fois sont rassemblées et unies pour partir au combat avec en ligne de mire, une échéance électorale majeure, les élections régionales de juin 2021.

Sandra Regol

La campagne du pôle écologiste a donc été lancée dans la région en présence de Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d’EELV, et de Jérémie Iordanoff, secrétaire national adjoint EELV, délégué aux régions et territoires, dans le cadre d’une conférence virtuelle avec les représentants des différents partis.

Aujourd’hui, la famille politique des écologistes est ainsi rassemblée face aux menaces qui pèsent sur la société, sur la région et d’une manière générale sur le pays. EELV, Génération Ecologie, le Mouvement des progressistes et Cap Ecologie, qui vient de naître après la fusion entre l’AEI et Cap 21, ont su se rassembler, bien au-delà des clivages politiciens.

Cette rencontre exceptionnelle s’et déroulée en présence des représentant.e.s du Pôle Ecologiste PACA à savoir France Gammare, présidente d’honneur et délégué régionale PACA de Génération Ecologie, de Nathalie Morand, co-porte-parole d’ EELV PACA, Fazia Hamiche, co-déléguée régionale PACA de Cap Ecologie, de Pierre Moze, délégué régional PACA et porte-parole national du Mouvement des Progressistes, de Jean-Laurent Félizia, co-secrétaire régional chef de file pour EELV PACA et de Jean-Marc Governatori, coprésident de Cap Ecologie avec Corinne Lepage.

Cette union inédite s’inscrit pour Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d’EELV, dans un double enjeu qui s’avère primordial à la fois de protéger la planète et de lutter contre la destruction du lien social. «L’écologie enfin rassemblée en PACA est la première étape vers un large rassemblement avec la gauche qui s’écologise, pour faire face au RN et gagner la région», a t-elle confié.

En prélude aux interventions des responsables des partis, elle a rappelé que Corinne Lepage et Delphine Batho, deux anciennes ministres de l’environnement, apportent leur soutien précieux.

Corinne Lepage

Elles ont fait part d’un message explicite :«Bonjour les ami.e.s du Pôle Ecolo, nous sommes heureuses du lancement de votre liste en PACA qui rassemble les écologistes de notre Pôle, EELV, Cap Ecologie, Génération Ecologie et le Mouvement des Progressistes. Dans ce temps d’urgence économique, environnementale, sanitaire, sociale, dans ce temps d’incertitudes, le rassemblement des écologistes est la clé

Delphine Batho

Une union sacrée

C’est tout d’abord pour France Gamerre, présidente d’honneur de Génération Ecologie, une belle journée qui met en exergue l’union des écologistes. Elle est pour elle le fruit des journées nationales de l’écologie qui se sont tenues à Paris l’été dernier. «L’histoire a démontré que les luttes fratricides conduisent, in fine, à la défaite de tous. Et c’est particulièrement vrai en écologie politique. Pour les élections régionales de 2015, nous sommes partis éparpillés soit avec le PS pour Génération Ecologie, avec le Front de gauche d’alors pour EELV et l’AEI est partie sous ses propres couleurs. Ce fut un désastre pour chacun d’entre nous, et nous avons dû d’ailleurs nous retirer pour éviter le risque d’une victoire du RN».

France Gamerre

Se rassembler ce n’est pas tuer l’un ou l’autre, c’est au contraire exister ensemble, pour mieux défendre, pour mieux réaliser nos objectifs communs. Ce rassemblement inédit, dans la complémentarité de toutes ses composantes, n’a rien à voir avec un banal mariage de raison, puisqu’il s’agit d’un rassemblement de passions, de convictions fortes et partagées.

Bien sûr au-delà de notre pôle écologique, ce rassemblement est ouvert à toutes celles et ceux qui ont la volonté de mettre en œuvre des propositions qui redonneront un sens à l’avenir de notre région, et surtout qui replacent l’Humain au cœur de son environnement.

France Gamerre a prôné à présent davantage de visibilité et de cohérence dans le cadre des élections à venir. Le sectarisme de doit pas être de mise pour elle. «Nous devons exister ensemble pour mieux aboutir à un projet économique et politique car le Rassemblement national est à notre porte», a estimé France Gamerre. Son objectif est de lutter contre la bête en proposant une autre alternative avec des proposions qui vont donner un sens.

Un projet pour un monde durable

Pour Nathalie Morand, porte parole d’EELV dans la région, il s’agit de proposer une alternative au pouvoir en place avec une volonté de prendre soin des citoyens, les personnes les plus précaires et des jeunes en particulier. Elle a mis en avant quatre volets la qualité de vie, l’accès à la santé, une alimentation de qualité et le bien-vivre en PACA. L’objectif est de construire un projet pour un monde durable afin de mettre en œuvre un passage pour le monde d’après.

Pour ces élections régionales et départementales de 2021, trois projets de société seront sur la table. Le premier est un projet déjà obsolète qui prône la haine et le repli sur soi, c’est celui du R.N.

Le second est un projet qui propose de continuer comme avant, en arguant souvent de belles paroles autour de l’écologie, mais qui ne prend pas les mesures nécessaires pour faire face au dérèglement climatique, et qui nous conduit inévitablement à la finitude de la planète, à la destruction du vivant, à l’explosion de la pauvreté et des inégalités.

Le troisième projet est le nôtre, celui des écologistes. Il propose une véritable alternative au bilan de Renaud Muselier et de son équipe. «C’est un projet qui répond aux urgences du présent et permet de construire un monde durable. C’est un changement radical de système qui se concrétise d’ores et déjà dans les communes et les collectivités écologistes», a t-elle stipulé.

Nathalie Morand prône un large rassemblement des citoyens et des forces de gauche pour une région plus humaine, plus résiliente. «Nous voulons prendre soin du vivant, de l’humain et notamment des plus fragiles et de la jeunesse. Nous mettrons en œuvre une politique qui permet de proposer une réelle qualité de vie sur l’ensemble du territoire pour tous et toutes par l’accès à la santé, à une alimentation saine, à la culture, aux loisirs, au sport, à l’enseignement et à la formation

Priorité à la jeunesse

Dans la région, la jeunesse apparaît comme une priorité pour Fazia Hamiche, co-déléguée régionale de Cap Ecologie. Elle a mis l’accent sur l’apprentissage, l’orientation académique des lycéens. L’objectif est pour elle de dynamiser l’emploi des jeunes, le parcours professionnel et de faciliter le logement des étudiants. «Nous devons déployer un vaste plan pour la jeunesse avec un job, un travail d’été pour chacun d’eux. Nous devons valoriser la jeunesse. C’est un engagement citoyen.». Il y a trop selon elle d’inégalités.

Fazia Hamiche

Deux défis majeurs

Enfin, le projet permettra de construire une région qui peut s’adapter rapidement à un monde qui change vite et qui peut résister au dérèglement climatique.

Pour Pierre Moze, délégué régional et porte parole national du Mouvement des progressistes, la région porte en elle deux grands défis majeurs. «Le premier est la nécessité de répondre aux défis majeurs liés, notamment, au changement climatique, avec chez nous, les deux effets touchant à la fois le littoral et son trait de côte et les phénomènes d’effondrements, glissements de terrain et inondations qui affectent nos zones de montagne. Le deuxième est le besoin énorme de solidarité en faveur de populations en situation de pauvreté et de précarité mais aussi en direction des populations touchées par les phénomènes climatiques.»

Un véritable jaillissement

Jean-Laurent Felizia, secrétaire régional d’EELV, a fait part de sa vive satisfaction : « Je me réjouis que ma famille politique soit unie et qu’elle apporte un ensemble de solutions. Nous avons toujours à cœur de relever les défis, même les plus huppés. Nous accomplissons toujours un travail de façon démocratique et salutaire», a t-il évoqué. Il s’est présenté comme un chef d’entreprise, un écologue et comme un élu municipal qui a, à l’esprit le rôle prépondérant du climat. «Nous aurons à placer le curseur. C’est un levier essentiel pour la transition écologique.»

Le bilan des Républicains à la tête de la région Sud n’est pas pour lui glorieux. «Sur un budget de presque 2,4 milliards d’euros, à peine 370 millions sont consacrés à l’écologie et au développement durable. Parler de «Cop d’avance» ne trompe personne et reste du greenwashing. Cela consiste à mettre des pansements sur des plaies ouvertes. Le projet écologiste que nous portons est un projet global, qui répond aux problèmes environnementaux, économiques, sociaux et sociétaux.»

Un enjeu majeur

Le rassemblement des écologistes qui nait aujourd’hui est une première étape pour un rassemblement plus large composé des différentes forces, des acteurs de la transition écologique, de la génération climat. L’écologie politique franchit désormais, pour Jean-Marc Governatori, co-sécrétaire générale de Cap Ecologie, une nouvelle étape. «L’écologie politique franchit un cap aujourd’hui, c’est une étape capitale et une opportunité d’impacter très positivement sur 5 millions de nos concitoyens et 800 000 enfants». La donne a changé avec à présent la tempête Alex, le chômage de masse, le désastre sur un plan social, lesquels sanctionnent, selon lui, les politiques conventionnelles.

Jean-Marc Governatori, co-secrétaire national de Cap Ecologie, un favori pour la tête de liste du pôle écologiste dans la région Sud ?

Le projet de société écologiste vise tout d’abord le plein emploi, la santé pour tous et le bien-être durable. La concrétisation de ce projet sera un grand jour pour les habitants de la région, ont estimé les différents protagonistes. «La tête de liste portera le projet écologiste», a souligné Sandra Regol. Pour Jean-Marc Governatori, les critères sont avant tout la disponibilité, la détermination, les compétences et l’adéquation au projet. Au delà de l’aspect personnel, le cosécrétaire national de Cap Ecologie a souligné l’exploit : «On s’entend bien entre nous dans cette région. Il n’y a jamais eu une telle harmonie des partis du pôle écologie.»

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents
A la Une

Elections régionales : Jean-Laurent Félizia retire sa liste. Un duel RN-LR se profile donc au second tour le 27 juin 2021

Le chef de file de la liste d’union de la gauche et écologistes, arrivée en 3e position au premier tour des élections régionales en Provence-Alpes-Côte …

Lire la suite →
Actualités

Elections régionales: 68% d’abstention !

Les élections régionales du 20 juin 2021 ont été marquées par un taux d’abstention record, inégalée. C’est même le taux d’abstention le plus élevé à …

Lire la suite →
A la Une

Elections Régionales : Thierry Mariani devance ses deux principaux concurrents, Renaud Muselier et Jean-Félizia. Jean-Marc Governatori fait un excellent score avec 5,3%.

C’est une élection surprenante avec tout d’abord un taux d’absention record de l’ordre de 66% et des résultats qui ne sont pas conformes aux prévisions. …

Lire la suite →