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La qualité énergétique des logements s’est améliorée depuis dix ans.

Notaires de France publie la répartition des ventes de logements par étiquettes du DPE entre 2011 et 2021. Elle montre une nette amélioration de la performance énergétique bien avant MaPrimeRénov’ et le nouveau DPE. Les notaires se montrent par ailleurs prudents sur l’impact de la loi Climat et Résilience sur les ventes de passoires thermiques.

Le nouveau diagnostic de performance, la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui fixe des échéances pour la disparition des passoires thermiques, ou encore la montée en charge exponentielle, depuis deux ans, de MaPrimeRénov’ et de son écosystème ont mis au premier plan les enjeux et les avancées de la rénovation énergétique.

Mais la qualité énergétique des logements n’a pas attendu les années 2020 pour commencer à s’améliorer. C’est ce que montre un article paru dans le dernier numéro de la Note de conjoncture immobilière des Notaires de France.

La note présente en effet un tableau retraçant l’évolution de la répartition des ventes de logements anciens (en distinguant appartements et maisons) selon l’étiquette de DPE en France métropolitaine, entre 2011 et 2021, avec également les chiffres de 2020.

Les chiffres sont tirés des bases immobilières notariales. Il faut donc rappeler quelles retracent l’évolution constatée sur les ventes de logements et non pas sur l’état du parc de logements dans son ensemble. Mais même si la base est, de ce fait, plus étroite et peut être sujette à des biais, son évolution sur dix ans a du sens.

Qu’il s’agisse d’appartements anciens ou de maisons anciennes, les résultats montrent une amélioration sensible de la performance énergétique au cours des dix dernières années, donc avant que les mesures citées plus haut commencent à produire leurs pleins effets (d’autant plus qu’un logement rénové avec MaPrimeRénov’ n’a pas, a priori, vocation à être mis en vente immédiatement). La part des passoires thermiques (étiquettes E, F et G) dans les ventes de logements anciens reculement nettement.

La progression se fait principalement via la classe C et, dans une moindre mesure, la classe B, alors que la classe A reste marginale même si elle progresse (ce qui peut s’expliquer par la difficulté d’obtenir une étiquette A dans un logement ancien, en raison des contraintes de conception et de structure et du coût des travaux pour atteindre un tel niveau).

Pour les appartements anciens, la part des logements F et G – qui seront interdits de location à partir de 2025 et 2028 – passe de 19,8% des ventes en 2011 à 9,4% en 2021, soit une division par deux et un recul de 10,4 points. Si on y ajoute la classe E – qui sera interdite de location à partir de 2034 – la part des trois « passoires thermiques » dans les ventes d’appartements anciens passe de 50% en 2011 à 33,9% en 2021, soit un recul de 16,1 points.

Ce recul profite en revanche essentiellement aux logements des classes B et C. La part des étiquettes B passe en effet en dix ans de 0,7% des ventes à 4,7% (+4 points) et celle des étiquettes C de 9,1% à 18,5% (+9,4 points). La part de la classe A reste marginale (de 0,5% à 1,2%, soit plus 0,7 point), tandis que la classe D – le « ventre mou » de la performance énergétique – évolue peu, passant de 39,8% à 41,5% de l’ensemble des ventes d’appartements anciens (+1,8 point).

Les maisons anciennes connaissent une évolution voisine, mais l’amélioration de la performance énergétique est un peu moins prononcée. La part des trois classes E, F et G dans les ventes passe ainsi de 50,3% en 2011 à 37,8% en 2021, soit une baisse de 12,5 points. Celle des étiquettes B et C progresse en revanche de 13,9% à 24,6% (+10,7 points). La part des étiquettes A est tout aussi marginale, même si elle progresse sensiblement (de 0,3% à 1,5%, soit +1,2 point), alors que celle des étiquettes D demeure la plus importante, mais varie tout aussi peu que dans le cas des appartements (de 35,4% à 36,1%, soit +0,7 point).

La mise en place du nouveau DPE et l’approche de l’interdiction progressive de la location des logements G, F et E ont fait naître une inquiétude sur l’accélération de la vente des passoires thermiques chez les propriétaires bailleurs – les intéressés cherchant à s’en débarrasser au plus vite avant ces échéances – et sur un possible assèchement du marché locatif.

Face à cette inquiétude, les Notaires de France veulent garder la tête froide. Ils estiment en effet que « si la modification du DPE a pu laisser augurer une augmentation des volumes de vente des classes F et G, les bases immobilières notariales, en l’état actuel, ne confortent pas cette analyse. Il apparaît trop tôt de pouvoir affirmer que cette tendance puisse exister ».

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