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L’Ademe met en valeur les bénéfices climatiques et économiques des énergies renouvelables en France

Le développement des énergies renouvelables en France s’est traduit par d’importants avantages climatiques et économiques, qui devraient continuer à se matérialiser ces prochaines années, selon une étude publiée ce 1er juin par l’Ademe. Une autre étude réalisée par l’Agence de la transition écologique montre aussi que les coûts de production des EnR électriques diminuent régulièrement depuis dix ans et qu’elles sont devenues plus compétitives que le gaz dans plusieurs cas.

Le développement des énergies renouvelables et de récupération en France entre 2000 et 2019 a permis d’éviter la consommation de 1.468 TWhep (térawatt-heures d’énergie primaire) de combustibles fossiles, en France et en Europe, soit l’équivalent de plus de 910 millions de barils de pétrole en cumulé », indique l’Ademe dans une étude publiée ce 1er juin, à l’occasion des Assises européennes de la transition énergétique de Genève.

Ce développement a aussi permis d’éviter l’équivalent de 426 millions de tonnes d’équivalent CO2, représentant environ une année d’émissions de la France. Autre avantage, financier cette fois : une économie de 22 milliards d’euros sur la facture énergétique française liée aux importations de combustibles fossiles » et une augmentation de 18 milliards des exportations nettes (biocarburants, électricité).

Cette publication intervient alors que l’essor des renouvelables est parfois critiqué, notamment pour l’empreinte de l’éolien sur les paysages. L’étude conclut pour sa part à l’intérêt majeur du développement des renouvelables pour réduire les importations d’énergies fossiles, une thématique aujourd’hui d’actualité avec l’urgence climatique mais aussi le souhait de l’Europe de se sevrer du pétrole et du gaz russes depuis l’invasion de l’Ukraine.


Ce résultat a été obtenu à la fois par le développement de l’éolien et du solaire, qui a permis une diminution de la combustion fossile pour la production d’électricité en France et en Europe (via les exportations), par le développement de la chaleur renouvelable et par celui des agrocarburants.
L’étude reconnaît au passage que si le bilan reste largement positif concernant les émissions, le développement de certaines énergies renouvelables peut être lui-même source d’émissions de carbone : par exemple, les agrocarburants conventionnels, dits de première génération, proviennent de plantes cultivées ; or l’agriculture n’a pas un bilan carbone neutre.

Pour l’avenir, sur la période de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2021-2028, 151 millions de tonnes de CO2 seraient évitées en France et dans le reste de l’Europe si l’Hexagone tenait les objectifs de sa feuille de route énergétique.

Dans le même temps, environ 19 millions de tonnes de CO2 seraient émises par le développement des renouvelables, « soit moins de 0,7% des émissions totales du pays ». Enfin, 6,4 milliards d’euros supplémentaires devraient être économisés sur la facture d’importation des énergies fossiles.

La PPE prévoit en outre une hausse de la production de chaleur grâce au bois-énergie, aux pompes à chaleur et aux réseaux de chaleur, ainsi qu’une forte augmentation de la géothermie, du biogaz, du solaire thermique et des unités de valorisation énergétique. Par ailleurs, pour la partie électrique les productions d’électricité renouvelable supplémentaires devraient effacer une partie de la production nucléaire (jusqu’à 33% à l’horizon 2028), souligne l’Ademe.

L’Agence a également publié ce 1er juin la troisième édition de son raport sur le coût de sénergies renouvelables centré sur l’éolien terrestre, le photovoltaïque et la méthanisation (pour les installations en cogénération). Principal constat : une baisse régulière des coûts des énergies renouvelables électriques depuis dix ans.

Celle-ci est de -80 % sur le photovoltaïque (entre 49 euros/MWh pour une centrale au sol située en zone méditerranéenne et 113 euros/MWh pour un projet de grande toiture dans le nord de la France en 2020), -40 % sur l’éolien terrestre (53 euros/MWh). Seule la méthanisation voit ses coûts stagner, de 168 euros/MWh en 2010 à 150 euros/MWh en 2020.

Malgré tout, en moyenne, les énergies renouvelables électriques atteignent « des coûts comparables à ceux des nouveaux moyens de production conventionnelle » (entre 45 et 60 euros/MWh pour une centrale à cycle combiné au gaz). Du côté de la chaleur, la chaudière à bois reste la solution la plus compétitive pour le chauffage domestique individuel ; la biomasse et la géothermie deviennent compétitives pour le collectif et le tertiaire. Toutefois, précise l’Ademe, malgré cette compétitivité en coût complet, les coûts d’investissement plus importants des EnR justifient de maintenir les soutiens publics.

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