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Laissez vivre les petits éleveurs de poules !

Le collectif Sauve qui poule et le réseau AMAP de Provence s’insurgent contre les décisions des pouvoirs publics interdisant depuis novembre 2021 l’élevage de poules en plein air. Leur action vise désormais à sensibiliser les élus et le grand public sur cette politique mettant en péril l’élevage fermier. Ardent défenseur de la cause animale, Jean-Marc Governatori, co-président de l’Ecologie au centre, était à Velleron dans le Vaucluse, aux côtés des éleveurs pour œuvrer pour la sauvegarde des poules en liberté.

Depuis le 5 novembre 2021, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est placée en risque élevé au regard de la progression de la grippe aviaire en Europe. L’hiver dernier, le virus s’était propagé dans les élevages du Sud-Ouest et n’avait pu être enrayé qu’avec l’abattage de 3,5 millions de volailles, essentiellement des canards. «Cette année, ce sont chez les éleveurs industriels, 14 millions d’animaux qui ont été abattus», relève André Lopez, coordinateur du réseau AMAP dans le Vaucluse et le Nord des Bouches-du-Rhône.

Un virus mystérieux

La contamination s’est surtout développée dans le Sud-Ouest et en Vendée où le taux de risque s’avère élevé. Dans le Sud Ouest, la contamination, émanant majoritairement des oiseaux sauvages, fait ainsi des ravages. Or, ce n’est pourtant pas le cas dans la région. «La contamination par les oiseaux sauvages est minime. Ce sont seulement 39 cas qui ont été dénombrés», confie André Lopez.

L’apparition de ce virus est de nature inconnue. La diffusion est a priori complexe. Les causes sont très diverses avec, entre autres, les transports ou encore les canaux d’alimentation. «Lorsqu’il y a plus de densité, le risque est plus élevé», souligne l’éleveur. Ainsi, lorsqu’il n’y a pas de déplacement d’animaux, ni de transport, les risques de contamination sont quasi inexistants. Cette constatation a réjoui Jean-Marc Governatori, l’élu niçois, venu apporter son soutien aux éleveurs.

Une situation disproportionnée

André Lopez a rappelé que la grippe aviaire a incité le pouvoir politique à confiner toutes les poules qu’elles soient en élevage industriel ou dans les petites exploitations. «Le Vaucluse qui n’est cependant pas touché par cette maladie a dû néanmoins subir les affres de cette décision injuste», at-il concédé. La crainte de cette maladie apportée par les oiseaux migrateurs a poussé les autorités à mettre en place cette décision arbitraire. Pourtant, ce virus touche peu d’animaux et n’est pas transmissible à l’homme. L’oiseau guérit s’il est dans de bonnes conditions et c’est dans les élevages industriels de poules ou de canards que le problème existe.

Ainsi, la petite ferme qui respecte son cheptel ne connait a fortiori pas la grippe aviaire. «En confinant les animaux, on les stresse et son mal affaiblit son système immunitaire», a évoqué un expert qui a estimé par ailleurs que la vaccination des poules s’avère peu efficace. Cette acceptation a, elle-aussi, réjouit Jean-Marc Governatori, chantre de la liberté vaccinale.

Les exploitations en batterie sont donc radicalement différentes de celles dans les fermes où est mise en place l’agriculture biologique. «Ce sont 2 500 à 6 000 volailles dans les fermes contre 15 à 80 000 dans les exploitations. Les animaux ont un véritable parcours de vie herborisé avec des compléments alimentaires et une source de bien-être», assure l’éleveur.

Un ardent défenseur de la cause animale

S’inquiéter du sort animal est une preuve irréfutable que l’on a du cœur. Pour l’élu niçois Jean-Marc Governatori, coprésident de l’Ecologie au centre, cela est indéniable mais ce n’est point toujours le cas. De retour d’Ukraine, l’élu de Nice Métropole est venu tout particulièrement dans le Vaucluse, défendre les poules de notre pays, symbole d’une alimentation de qualité. «Il est inadmissible qu’en 2022 des poules soient encore élevées en batterie et doivent survivre dans quelques centimètres carrés !»

Il a rappelé fort judicieusement: «Lorsqu’il s’agit de poulailler individuel avec un espace correct, au moins 20 centimètres carrés par poule, elles sont heureuses, protégées de leur ennemi naturel, le renard et elles fournissent de précieuses protéines à ceux qui ont une alimentation végétarienne ou pas.» Puis il a évoqué avec lucidité: «Je sais que beaucoup de personnes véganes choisissent de ne pas manger d’œufs mais, pour ma part, je pense que les œufs de poules respectées, fournissent en l’absence de coqs, des œufs non fécondés et donc il n’y aura pas de problème de souffrance.»

Un plaidoyer pour l’élevage de plein air

Aujourd’hui, la situation s’est aggravée pour les petits éleveurs. La multitude de normes imposées aux éleveurs pour l’élevage fermier est tellement contraignante qu’elle met en péril leurs activités. Le collectif Sauve qui poule, devenu une association présidée par Carole Sanchez, entend, aux côtés d’une dizaine de structures, faire entendre sa voix. «Nous avons déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour annuler quatre arrêtés définissant des obligations aux éleveurs», a évoqué André Lopez.

Le collectif Sauve qui poule réclame au Ministère de l’Agriculture des mesures de sécurité adaptées face aux risques réels de chaque exploitation tout en prenant en compte les spécificités de chaque territoire. «Nous désirons que l’on ait un discernement sur la question de la grippe aviaire et que l’on laisse perdurer l’élevage de plein air. Notre volonté est que l’on laisse vivre les petits producteurs», martèle l’éleveur.

Les pouvoirs publics remettent en cause, selon André Lopez, le petit élevage et l’élevage fermier. «S’il n’y a plus ce type d’élevage, il n’y aura plus d’alimentation de qualité. Avec ces mesures, 30% des exploitations vont s’arrêter», souligne André Lopez.

Il incombe à présent aux élus de sensibiliser l’opinon publique sur cet enjeu fondamental pour l’homme. Et pour l’heure, seuls quelques édiles comme le maire de Velleron et quelques personnalités politiques comme Jean-Marc Governatori, chantre d’une l’alimentation saine et du végétarisme, apportent leur soutien actif à ce combat.

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