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Les Français sont plus des deux tiers à estimer que les politiques ne défendent pas suffisamment bien les animaux.

Pour la quatrième année consécutive, l’Ifop et la Fondation 30 Millions d’Amis se sont intéressés à l’opinion des Français au sujet d’un certain nombre de propositions destinées à favoriser le bien-être des animaux. L’étude observe cette fois encore un souci du bien-être animal largement répandu et en augmentation parmi les Français, lesquels jugent trop faible la prise en compte de cet enjeu par le personnel politique et les institutions.

A l’heure où la proposition de loi sur le bien-être animal doit être débattue, les attentes des Français en la matière vont bien au-delà des ambitions affichées dans le texte. Les Français ont une perception plutôt sévère de la prise en compte du bien-être animal par l’exécutif et les institutions. En effet, les Français sont cette année encore plus des deux tiers (69%) à estimer que les politiques ne défendent pas suffisamment bien les animaux. Dans une moindre mesure, ils sont également une majorité à faire le même reproche aux juges et tribunaux (61%) ainsi qu’au au législateur (57%, un recul de 3 points en un an mais un retour au niveau observé en 2019).

Concernant l’exécutif, une large majorité de Français (68%) considère que le gouvernement ne prend pas suffisamment en compte la protection animale dans sa politique. Si un progrès non négligeable sur ce point a pu être mesuré en un an (-7 points, sans doute en raison des mesures annoncées par la ministre de la Transition écologique en septembre dernier), ce score demeure toutefois très négatif, qui plus est à l’orée de la dernière année «utile» du gouvernement.

Ces résultats traduisent non seulement une forte attente de la part des Français en matière de protection animale, mais aussi une approbation de la direction dans laquelle le gouvernement s’est engagé. Attention toutefois pour l’exécutif à ne pas décevoir cette attente, sous peine d’un retour de bâton dans l’appréciation de son action en faveur du bien-être animal.

L’interdiction des sources de souffrance animale est toujours soutenue par une large majorité de Français. Une majorité de répondants soutient chacune des initiatives testées permettant de limiter la souffrance animale, et ce davantage que par le passé dans presque tous les cas. Ainsi, les Français se déclarent toujours très majoritairement favorables à l’interdiction de toute expérimentation animale (89%, +3 points en un an), de l’élevage intensif (85%, +4), de la chasse à courre (77%), des corridas en France (75%) et de la présence d’animaux sauvages dans les cirques (72%).

La plupart d’entre eux sont également en faveur de l’interdiction des delphinariums (66%, -3) et de la vente d’animaux de compagnie par petites annonces (64%, +5) ou même en animalerie (61%, +4), ces items relatifs à la vente d’animaux allant nettement plus loin que les mesures envisagées dans la proposition de loi sur le bien-être des animaux.

Parmi les nouvelles mesures proposées, la stérilisation obligatoire des animaux de compagnie suscite des avis moins tranchés mais emporte tout de même l’adhésion d’une majorité de Français (57%). Autre nouveauté, l’hypothèse d’une mise en place d’un permis de détention d’animaux de compagnie (afin de lutter contre l’abandon) est massivement soutenue (par 84% des Français), encore une fois pour une mesure qui va bien plus loin que les pistes envisagées dans la proposition de loi sur le bien-être animal.

En outre, neuf Français sur dix sont toujours opposés au commerce de la fourrure (90%). L’adhésion à l’interdiction de la chasse le dimanche est elle aussi stable et largement majoritaire (82%, comme en 2020 mais 28 points au-dessus de la mesure de 2009).

Une forte adhésion aux différentes pistes d’amélioration des conditions d’abattage. Sensibles aux conditions de vie des animaux, les Français le sont aussi quant au sort des animaux d’élevage voués à l’abattage. Ainsi, 81% des interviewés se disent favorables à ce que les animaux d’élevage soient abattus non plus en abattoir mais sur leur lieu d’élevage, par des professionnels se déplaçant sur les exploitations.

En plus du lieu, les conditions d’abattage revêtent également de l’importance aux yeux des Français. En 2021, 84% adhèrent ainsi à l’idée sans équivoque selon laquelle «la pratique consistant à abattre des animaux en pleine conscience est inacceptable quelles que soient les circonstances», 54% se déclarant même «tout à fait d’accord» avec cette affirmation (une proportion qui croît remarquablement avec l’âge, de 39% chez les moins de 25 ans à 67% chez les 65 ans et plus).

L’ampleur de ces résultats, couplés à l’arrêt du 17 décembre 2020 de la CJUE, pressent ainsi les autorités pour légiférer sur les modalités concrètes d’abattage rituel, et ce alors que les Français n’ont jamais autant soutenu les mesures en faveur du bien-être animal.

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