Le magazine de la vie politique

FaUTE1VJ39Gu4nBUv6p5_poOWS5efgAXuaYfh-Kb2N2Q0YODuuk8HRBif77kNPYWN2v1_EqkzVyrBu5Yb-Bs-l-H8AeaxcG1lNAzjIeoUuIef69--BgxroTFEFs

«Nous souhaitons redonner à Arles son rôle de ville phare»

Journaliste, écrivain, animateur de télévision, très réputé, Patrick de Carolis, a été président directeur général de France Télévision pendant cinq ans. Au terme d’une vie professionnelle très dense, cet arlésien a souhaité briguer la mairie de sa ville. Le succès a été au rendez-vous puisque la liste «Pour le grand Arles» qu’il a conduit a remporté les élections avec 57,2 % des voix. Il nourrit de grandes ambitions pour sa ville. Entretien exclusif.

Vous avez été élu maire d’Arles aux élections municipales de mars 2020 en remportant avec votre liste 57,2 % des voix. Cela a été un large satisfecit pour votre équipe et pour vous?

PdC: Lorsque l’on obtient ce score, cela honore bien-sûr, mais c’est aussi et surtout un vote qui engage. Il signifie le profond désir de changement des Arlésiens après 19 ans de gestion sans partage par l’ancienne municipalité. Nous avons commencé cette campagne tardivement, en septembre 2018, mais très vite, nous avons reçu le soutien de très nombreux Arlésiens auxquels nous avons parlé du Grand Arles: c’est une référence territoriale bien sur, mais qui dit que nous devons nous attacher à mettre en place une politique qui concerne chacun, des quartiers aux villages en passant par le centre ancien.

N’y a t-il pas une forte attente de la part des arlésiens?

PdC: Les Arlésiens ont manifesté leur désir de voir remettre la maison Arles en ordre, d’en améliorer la sécurité et la propreté. Ils ont, je crois, été séduits par notre projet qui porte aussi, sur la formation des jeunes, un travail sur l’ensemble du territoire de la plus grande commune de France dont les hameaux et villages ont été oubliés et surtout, l’attractivité de la Ville.

Quelle est votre ambition pour la ville?

PdC: Vous savez, Arles a un passé prestigieux et une vie culturelle aujourd’hui très enviée partout dans le monde. Mais en face, nous avons un plancher social qui s’est considérablement affaissé. Dans ce contexte, nous devons travailler à créer de l’emploi, à recréer de la richesse économique. On ne peut pas augmenter les impôts, je m’y suis engagé. Mais on peut augmenter le potentiel fiscal en accueillant des entreprises et en leur proposant des femmes et des hommes formés et qualifiés. Mon ambition est claire: redonner à Arles son rôle de ville centre, de ville phare, de ville en plein essor.

Vous avez placé la sécurité en tête de vos préoccupations? Pour quelles raisons?

PdC: Quand une Ville s’est considérablement paupérisée, les faits de délinquances sont pendants. Et ils sont nombreux si je me réfère aux chiffres du ministère de l’Intérieur. Mais la sécurité n’est pas que la lutte contre la délinquance criminelle: il y a l’incivilité par exemple, qui pollue le quotidien. C’est pour cela que nous allons augmenter les effectifs de police municipale pour atteindre 60 policiers sur la durée du mandat. Ce seront des femmes et des hommes armés selon leurs missions et qui seront déployés sur tout le territoire. Parallèlement, j’ai saisi le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour que les effectifs de police nationale soient augmentés, dans le cadre de ce que l’on nomme les contrats de sécurité intégrés.

Second volet, le développement économique de la ville sujette à de nombreuses difficultés. Ce sera un pari d’autant plus difficile dans la crise que nous traversons. Comment entendez vous vous y prendre?

PdC: La première des choses est que depuis quatre mois, nous cessons de renvoyer les entreprises qui frappent à notre porte, ce qui était le cas précédemment! Et je vous prie de croire qu’elles sont nombreuses. Ensuite, le travail mené en termes de sécurité et de propreté sont des atouts pour attirer de nouvelles entreprises: quand on s’installe dans une ville, on cherche la qualité de vie pour ses salariés. Et pour ma part,comme je m’y étais engagé, je suis l’ambassadeur de ma ville, pour dire aux investisseurs qu’Arles est vivante, attractive et ouverte.

C’est aussi pour cela que j’ai souhaité être président de la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette, qui a la compétence de l’économie sur le territoire.

Enfin, votre troisième priorité est la qualité de vie avec des travaux indispensables sur la ville. Lesquels?

PdC: C’est un véritable plan Marshall. Car après ces années d’abandon, tout est à refaire: la voirie et nous en avons 800 km! Mais aussi, l’éclairage public, les bâtiments publics, les écoles, les trottoirs dans certains lieux… Cela représente plus de 40 M€ pour lesquels nous avons sollicité les collectivités territoriales que sont la Région et le Département: pour ce dernier, nous travaillons à un contrat d’objectif juste, qui soit à la mesure de nos défis, de nos difficultés. Et je crois que nous avons été entendus.

Vous avez été élu président de la communauté d’agglomération ACCM. C’est indispensable pour vous d’avoir une action globale sur le Grand Arles. Pourquoi et avec quels moyens?

PdC: C’est essentiel au plan économique. Mais il y avait une aberration de l’Histoire: le maire de la commune la plus importante de la communauté d’agglomération n’avait jamais été son président. Or, c’est une nécessité si l’on veut travailler avec justice, sur les fronts de l’économie mais aussi de la gestion des déchets par exemple. Je crois sincèrement que du développement et du renouveau d’Arles dépend un Pays d’Arles fort et solidaire.

Que pensez vous de la situation d’Arles par rapport à la métropole? Quels sont vos souhaits?

PdC: Je n’ai aucun problème avec la métropole. J’ai dit, dès le mois d’octobre de l’année dernière, que nousdevions dans tous les cas, créer un Pays d’Arles fort, soudé autour d’une capitale phare. Aujourd’hui, le projet de fusion est abandonné mais je ne change pas d’un pouce: nous avons une entité soudée par sa culture, ses traditions, son économie, son agriculture… Elle doit exister pleinement. J’allais dire enfin, puisque le projet de ce Pays d’Arles date de 1996! Jusqu’à présent, la ville d’Arles faisait peur, à cause de sa dette et de sa politique. La donne change et je m’y suis totalement engagé.

Avec quels territoires souhaitez vous vous rapprocher?

PdC: Il y a celui du Pays d’Arles, nous venons de l’évoquer. Mais on pourrait dire tous: celui de la métropole, celui de Nîmes ou d’Avignon, car il est évident que le bassin d’emploi de ces trois métropoles touche les habitants du Pays d’Arles.

Quels projets souhaitez vous développer avec la Région Sud?

PdC: Nous avons déjà commencé, puisque la Région, à ma demande, est venue apporter son soutien auxéleveurs de Camargue, touchés par la crise sanitaire. Renaud Muselier est aussi venu apporter le soutien de la Région dans notre projet de Toropole, qui associe musée, lieu de formation et une vitrine sur l’agriculture locale (riziculture, élevage etc). Nous travaillons aussi sur la politique de transport, sur la formation qui est une compétence régionale car je souhaite qu’Arles est un vrai campus, avec plus de 2 000 étudiants. Nous partageons les mêmes valeurs sur la richesse des territoires et sur la culture que la Région soutient aussi.

Vous allez accueillir en juin 2021 les finales du championnat de France de BeachVolley dans les arènes. Cet événement s’inscrit dans quel projet pour la ville?

PdC: L’accueil de cet événement est caractéristique de ce que je souhaite développer à Arles: des événements sportifs notamment, car je crois aux valeurs du sport pour nos jeunes, de haut niveau comme le championnat de France de BeachVolley. Mais des événements qui mettent Arles en lumière: c’est le cas.

Nous allons voir une finale aux arènes, monument emblématique, mais il y aura aussi des ateliers, des découvertes de ce sport et, surtout, des initiations à Salin-de-Giraud qui est notre façade maritime. Il est important que dans tous les domaines, les événements arlésiens ne se limitent pas au centre ville, ni à un petitcercle de personnes. A chaque fois, je souhaite que cela nous interroge sur l’environnement, sur les retombées économiques, sur la formation et le partage.

Vous avez toujours été très attaché à la préservation du patrimoine. Vous êtes dans une ville qui conjugue patrimoine du passé et de l’avenir avec la Fondation Luma. Entendez vous poursuivre dans cette démarche ?

PdC: Je suis un enfant d’Arles. A ce titre, en tant que maire je ne peut imaginer un seul instant, ne pas préserver le 7eme Patrimoine Mondial au classement de l’Unesco! Le patrimoine arlésien a toujours fait le lien entre passé et avenir, ne serait-ce que lorsque les habitants ont utilisé les ruines antiques pour construire leurs maisons. Non seulement je compte préserver notre patrimoine romain, roman et contemporain, mais je souhaite qu’il soit vivant: que l’on y crée des événements comme le championnat de France de BeachVolley.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents
A la Une

Le Club de l’Immobilier Marseille Provence met à l’honneur l’Afrique dans le cadre de la Journée de l’Immobilier

Cette année, le Club de l’Immobilier renoue avec deux événements majeurs, la Journée et la Nuit de l’Immobilier, tenue pour l’heure secrète. Cette journée qui …

Lire la suite →
Actualités

Une aide exceptionnelle de 100 euros pour les bénéficiaires du chèque énergie

Lors d’un déplacement consacré à la rénovation énergétique à Chilly-Mazarin, le Premier Ministre Jean Castex a annoncé que les 5,8 millions de ménages modestes bénéficiant …

Lire la suite →
A la Une

Primaires écologistes : Yannick Jadot en tête, affrontera Sandrine Rousseau. Le niçois Jean-Marc Governatori arrive cinquième.

Les résultas de la primaire écologiste ont été proclamés le 19 septembre à 17h. Yannick Jadot et Sandrine Rousseau se qualifient pour le second tour. …

Lire la suite →