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Nouvelle ligne Lyon Turin Ferroviaire : une position sans ambiguïté d’EELV sur un dossier complexe

Un travail interne de la Commission Transport d’EELV a provoqué de nombreuses réactions médiatiques autant que politiques. EELV souhaite clarifier sa position concernant le Lyon-Turin-Ferroviaire.

Une convention en 2012 et une position partagée

EELV a défini sa position concernant la Nouvelle Ligne Ferroviaire Lyon-Turin -NLFLT- en 2012 à l’issue de plusieurs mois de préparation et de deux jours de débat lors desquels ont été entendus aussi bien les pro que les anti NLFLT. Cette convention réunissait les Verts Suisses, les Verts Italiens, les Verts Européens et EELV.

Cette convention démocratique a acté des positions inchangées à ce jour mais que trop d’acteurs cherchent aujourd’hui à caricaturer et/ou à résumer abusivement. Lors de cette convention, EELV a en particulier acté que le tunnel actuel du Mont-Cenis peut suffire à absorber le report modal des camions vers le rail dans les Alpes du Nord pendant longtemps. Tant que la capacité du tunnel du Mont-Cenis est suffisante, la NLFTL, dont les couts financiers et écologiques sont exorbitants, est un projet inutile.

«Concernant le transport de marchandises, nous considérons qu’il faut interroger notre modèle économique, commencer à relocaliser certaines productions et découpler le développement des territoires de l’augmentation des flux de transports», confie Julien Bayou, secrétaire général d’EELV.

Surtout, le report modal n’est pas qu’une affaire technique : c’est aussi, et avant tout, une affaire de volonté politique. «Nous devons commencer dès maintenant à mettre de plus en plus de camions sur les trains. C’est possible, nous pouvons agir dès maintenant en prenant différentes mesures», précise Julien Bayou.

Le responsable d’EELV mentionne, entre autres, l’ouverture d’un dialogue avec les transporteurs routiers et avec les entreprises de la logistique afin de proposer des solutions économiquement viables et de mettre en place l’accompagnement qui permettra de changer les habitudes et les pratiques.

Puis il cite l’adaptation de la partie ferroviaire française qui mène au tunnel du Mont-Cenis la création des plateformes de chargement, le traitement du nœud ferroviaire fret lyonnais, la vérification par une autorité indépendante des capacités des lignes existantes de Dijon à Modane et de Figueras à Montmélian, ou encore la mise en place de politiques publiques comprenant des incitations financières, fiscales et règlementaires et qui facilitent l’accès aux infrastructures ferroviaires.

Tant que ces mesures urgentes ne sont pas prises, la question de l’investissement pharaonique dans un nouveau tunnel transfrontalier est hors de propos. L’urgence n’étant pas de construire un nouveau tunnel transfrontalier mais d’améliorer considérablement le réseau ferré dans le Sillon Alpin et de prendre les mesures incitatives appropriées en faveur du report modal.

Le camion qui cache les voitures

La pollution de l’air de nos vallées n’est pas que la conséquence des flux de marchandises. EELV a toujours considéré qu’il faut traiter le problème dans son ensemble et que toute réflexion sur les infrastructures ferroviaires doit prendre en compte les déplacements du quotidien (les plus polluants ce jour), de loisir et de tourisme (85% des touristes accèdent aux stations alpines en voiture, c’est un enjeu colossal pour décongestionner nos villes et nos vallées).


Les travaux envisagés doivent donc contribuer à l’amélioration des circulations de voyageurs en train dans l’arc alpin et notamment le service TER.

Un enjeu démocratique et de transparence

EELV est particulièrement attaché au renouvellement des pratiques démocratiques. Le parti des verts demande qu’un débat contradictoire serein soit organisé pour lever la trop grande opacité qui entoure le dossier NLFTF et que les chiffres discordants avancés par les spécialistes du dossier soient clarifiés de manière indépendante et transparente.

Le mouvement demande à ce que le bien commun et le coût environnemental des décisions soient correctement pris en compte en précisant en particulier la contribution à la baisse des émissions de gaz à effet de serre, le coût carbone, l’impact sur les terres agricoles et les nuisances  affectant la ressource en eau de territoires fragiles. Le parti écologiste souhaite également la fin de la violence institutionnelle dont font principalement l’objet les opposants au projet du côté italien.

Le chantier du siècle est d’avoir, au plus vite, zéro camion en transit dans les vallées alpines. Pour y parvenir, la solution n’est pas la NLFTL mais la construction d’infrastructures adaptées en amont du tunnel existant et la mise en place d’une politique incitative appropriée.

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