Le magazine de la vie politique

sarah_boualem

Rôle de l’élu local, engagement citoyen : d’abord une demande de pragmatisme et de responsabilité

Si, en matière de démocratie participative, les termes de coopération et de coconstruction sont à la mode, les citoyens attendent principalement de leurs élus locaux qu’ils soient à l’écoute et au service des habitants. Ils se disent prêts à s’investir si cela leur permet de répondre à leurs propres besoins. Une minorité active aspire à s’impliquer de façon plus suivie aux côtés des collectivités et d’autres acteurs territoriaux.

Ces résultats sont issus d’une enquête quantitative menée auprès de 6.000 Français par le Crédoc pour l’Agence nationale de la cohésion des territoires. En matière de transition écologique, les attentes sont fortes vis-à-vis des collectivités, appelées à agir surtout en direction des entreprises.

Comment les Français perçoivent-ils le rôle de l’élu local et de la collectivité territoriale et comment envisagent-ils leur propre engagement citoyen ? Ces questions sont au cœur d’une enquête quantitative réalisée par le Crédoc pour l’Agence nationale de la cohésion des territoires.

Dévoilées le 8 février à l’occasion d’un webinaire du cycle « Regards sur les territoires » organisé par l’ANCT, des résultats issus de cette étude apportent des repères utiles sur ces perceptions des citoyens. Qualifiée de conséquente, l’enquête menée par le Crédoc a consisté à interroger deux panels de 3.000 Français entre fin 2020 et septembre 2021.

Alors que nombre d’élus s’interrogent aujourd’hui sur la façon d’améliorer les relations avec leurs administrés et sur l’opportunité de lancer telle ou telle démarche de participation citoyenne, l’enquête pose un diagnostic clair: la majorité des Français ont une approche pragmatique et des attentes simples, « classiques », vis-à-vis de leurs élus locaux et des collectivités territoriales. 72% considèrent qu’un élu local doit avant tout se mettre au service de ses administrés.

Pour huit Français interrogés sur dix, la vocation de l’élu et de la collectivité locale est d’améliorer le quotidien de nos concitoyens. Et, pour cela, la mission principale des élus locaux est d’être à l’écoute, de prendre en considération les besoins et les demandes de la population.

Une minorité (20%) estime que l’élu doit porter une vision d’avenir et essayer de mobiliser le plus possible d’habitants et d’acteurs (entreprises, associations) autour de cette vision. Cette minorité est davantage composée de jeunes, de personnes déjà engagées au sein d’une association par exemple et de personnes qui sont très confiantes dans les institutions. Cette idée de l’élu visionnaire qui porte un projet et qui emmène son territoire est donc celle d’une petite partie de Français, pendant qu’une nette majorité estime que le rôle d’un élu, c’est la gestion quotidienne des administrés.

Cette approche pragmatique se retrouve sur la manière dont les Français se disent prêts à s’engager eux-mêmes. S’il conçoit sa propre participation, l’habitant la conçoit à travers ce prisme de consommation, d’individualité, de minimisation des contraintes annexes jugées complexes et il va se limiter à ce qui est possible pour lui de faire facilement. En d’autres termes et sans surprise, les Français dans leur majorité se déclarent prêts à s’engager si cela leur permet de répondre à leurs besoins et de réaliser des ambitions personnelles.

Fortement sensibilisés à l’environnement, 60% des Français estiment que la transition écologique constitue l’enjeu principal pour les collectivités territoriales dans les années à venir.

Les collectivités en font-elles assez en la matière? Les répondants sont partagés, 42% estimant que l’action des collectivités est insuffisante, 48% déclarant à l’inverse que les collectivités s’investissent suffisamment sur ce sujet – une minorité de 8%, qualifiée de globalement réfractaire à l’action publique, jugeant que les collectivités en font trop.

Sur le type de réponses à apporter concernant l’environnement et la transition écologique, les répondants démontrent encore une fois leur « grand pragmatisme.

Ils demandent majoritairement que l’action de la collectivité se porte sur les grands chantiers, tels que la lutte contre les rejets polluants émis par l’industrie et les acteurs économiques en général. Dans un deuxième temps, un travail sur la consommation des individus (réduction des déchets, recyclage) est jugé souhaitable.

Des mesures considérées comme plus contraignantes pour les individus comme la réduction du trafic automobile en centre-ville et des places de stationnement – sont classées en dernière position. Pour cette majorité, c’est l’idée de responsabilité des élus, des entreprises, des individus qui domine.

Une minorité mais qui a quand même un poids important dans les territoires valorise de son côté des modes d’engagement collectifs, qui passent par le faire, le travail, le projet collectif. Ainsi, interrogés sur les acteurs qui devraient contribuer à la transition écologique sur les territoires, ces citoyens engagés citent à proportions égales l’État, les collectivités, les entreprises, les associations, les autres citoyens.

Ces deux types d’attentes, l’une majoritaire, l’autre minoritaire, renvoient à deux approches de la participation. Sur le terrain de la concertation, la première vise plutôt pour la collectivité à recueillir l’opinion pour améliorer la décision, fluidifier l’action publique locale. Destinée à répondre aux « attentes plus fortes » d’une minorité, la deuxième approche consiste à ouvrir des espaces de coopération », de co-production avec des habitants et des collectifs.

L’engagement citoyen, c’est pour l’ANCT un levier de développement des territoires, d’où un souci d’équipement des collectivités en ingénierie en la matière. La démarche Territoires d’engagement consiste ainsi, à accompagner les collectivités pour qu’elles créent les conditions de cette coopération avec les citoyens.

Photo Une :

Sarah Boualem, élue municipale LR à Marseille

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Articles récents
A la Une

L’ancien ministre Alain Griset jugé à Lille pour abus de confiance

Alain Griset, qui a exercé pendant plus de 30 ans la profession de chauffeur de taxi, doit répondre d’abus de confiance au dépens de la …

Lire la suite →
A la Une

Aix-Marseille Université et le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la Fonction publique perpétuent leur engagement en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap.

La convention, en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, initialement signée en 2018 pour une durée de quatre ans, a permis d’initier …

Lire la suite →
A la Une

Governatori et Lepage associent leurs actifs face à Nupes

Il a les troupes, elle a la notoriété, ils ont décidé de faire basculer la politique française. Hier à Paris s’est concrétisée une fronde anti …

Lire la suite →