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«Sabrina Roubache-Agresti: Nous te kiffons, autant que tu kiffes la France»

Productrice de cinéma et en particulier de la série Marseille, Sabrina Roubache travaille depuis vingt cinq ans dans le 7e Art. Elue tout d’abord à CCIAMP et désormais au Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle dirige le comité de soutien pour la campagne d’Emmanuel Macron dans la région. Elle vient de publier un superbe ouvrage intitulé «Moi la France je la kiffe: Des quartiers Nord au Palais de l’Elysée» qu’elle a évoqué dans le magnifique écrin de Cook in Potes, aux voûtes de la major à Marseille

Des origines modestes

Née à Marseille, dans les quartiers nord tenus pas les caïds de la drogue, de parents aux origines franco-algériennes, Sabrina Agresti-Roubache qui a vécu à Salon-de-Provence, une ville qu’elle chérit a eu une vie trépidante avec des projets professionnels exaltants, des responsabilités passionnantes à la Chambre de Commerce et d’Industrie et désormais en tant qu’élue à la région sur la liste de Renaud Muselier.

Avec un père maçon coffreur arrivé en France 1947 et une mère aide-soignante née à Salon-de Provence, la jeune femme, d’origine constantinoise, a passé toute sa jeunesse à Salon-de-Provence. «J’ai vécu une enfance heureuse avec ma grand-mère qui vivait avec nous dans un quartier très populaire pas encore atteint par les drames liés à la drogue», confie Sabrina Roubache, née le 13 octobre 1976 dans le quartier Félix Piat à Marseille, d’une fratrie de six enfants.

La famille a toujours représenté pour elle, un véritable socle, au centre d’une éducation et d’une culture à la fois musulmane et laïque. Après des études au lycée Victor Hugo et son bac en poche, elle démarre avec Akhenaton et fait ses premiers pas dans la production en tant que stagiaire assistante. «C’était l’époque du disque l’Ecole du micro d’argent et du film Comme un aimant en 1998», rappelle Sabrina Roubache qui comprend que le cinéma est sa voie.

L’amour du 7e art

Plutôt que de faire une école de cinéma, elle va, au gré de ses rencontres, gravir les échelons et devenir productrice délégué. Elle se spécialise dans le documentaire et collabore, tour à tour, pour Cuisine TV puis France Télévision avec Les contes de la frustration. Elle travaille ensuite avec Jean-Louis Comolli et Michel Samson sur des documentaires politiques. La jeune femme très dynamique s’investit en tant qu’intermittente sur différents projets, la série «Marseille contre Marseille», réalisée par Michel Samson, la série Marseille pour Netflix, créée en 2014 et diffusée en 2016.

Si elle débuté par des clips avec Art de rue pour la Funky Family, c’est dans le documentaire qu’elle s’épanouit avec, notamment, les Légendes de l’OM, les Minots de l’OM ou encore Une nuit en ville, là en tant que directrice de production.

C’est en 2016, après plusieurs activités en intermittente qu’elle franchit le pas en créant deux sociétés, Gurkin Entertainment et Gurkin Invest Film auxquelles s’ajoutera Seconde vague, une société rachetée à Paul Saadoun, créateur de 13 Production qui ont permis de financer différents projets.

Cette même année, elle s’est vu confier la délégation des industries créatives à la CCIMP. Aujourd’hui, les projets fleurissent tant dans le documentaire que dans la fiction. Le succès va arriver avec la série Marseille écrite par Dan Franck, la première série digitale produite par Netflix et destinée à l’international. «C’est la série qui a obtenu le plus grand succès en Chine, au Brésil et en Russie», se félicite t-elle.

A la suite de la création de Gurkin, plusieurs projets se mettent en place. C’est tout d’abord une fiction «Meurtre à Marseille» dans la collection «Meurtre à». «Cette série est l’apanage d’un service public qui privilégie l’efficacité et la qualité sur l’audimat», estime t-elle.

Autre projet «Djellaba Basket», un magnifique et éloquent documentaire écrit et réalisé par Philippe Pujol, prix Albert Londres pour French Deconnection. «Je suis productrice de ce projet qui a été diffusé au premier trimestre 2020.» Et elle tient à préciser après la diffusion de ce documentaire choc: «Marseille concentre les grands maux de la société mais ce n’est pas Roubaix.»

Mais le grand projet dont elle est très fière est Varian Fry, écrit par Dan Franck. «C’est un film pour le cinéma et la plateforme Netflix, tourné à Marseille en 2021, un véritable hymne à Marseille, une ville que j’aime beaucoup et qui se mérite», stipule t-elle.

C’est suite à un tournage au Palais de la Bourse que Jean-Luc Chauvin, après son élection le 7 novembre 2016, lui confie la délégation aux industries créatives. C’est à cette date que lui est décerné le prix Woman Awards par la Tribune pour la création de sa société Gurkin Invest Film. Le président de la CCIAMP lui confie différents mandats dans des institutions et elle est nommée administratrice du WTC et vice-présidente de la Cité des Entrepreneurs.

Une rencontre déterminante

«2016 a été une année riche en émotions car nous avons rencontré avec mon mari Emmanuel et Brigitte Macron», se réjouit t-elle. L’année 2019 a été marquée par la première édition du Summit Production où étaient réunis producteurs et diffuseurs. «Faire des films, c’est ma manière de faire de la politique. Etre producteur, c’est être passeur de messages et créateur d’images», a t-elle évoqué.

Pour cette année 2022, les projets fleurissent à commencer par la diffusion d’un film très attendu Meurtre aux Iles du Frioul avec une pléiade de grands comédiens comme Francis Huster et le formidable acteur marseillais Moussa Maaskri.

Mais aujourd’hui, c’est un livre qui paraît aux éditions Albin Michel dont elle est à juste titre très fière. «C’est avant tout le fruit d’une rencontre avec un ami éditeur Alexandre Wichkam qui m’a proposé ce projet et m’a donné une liberté totale pour élaborer ce récit», confie t-elle.

Elle en explique la genèse: «J’ai livré mi novembre le manuscrit puis effectué les corrections. J’ai été aidé dans dans la construction et le découpage par chapitre. Mon mari Jean-Philippe Agresti l’a lu uniquement lorsque le projet a été fini et il m’a permis de ne pas faire de digressions», évoque t-elle avec toute la sincérité qui la caractérise. Puis elle se confie sur son amitié avec le romancier et scénariste Dan Franck. «Je l’ai consulté, nous avons beaucoup parlé et eu des échanges parfois très vifs». Mais, elle l’avoue «Je décris comme je parle. J’ai mon propre style.» Mais elle souhaite avant tout préciser qu’elle a bénéficié du soutien affectueux de sa fille Mae qui la relisait.

Une diversité de sujets

Femme engagée et curieuse, elle parle autant à ses copains de jeunesse qu’à Brigitte Macron dont elle est proche. C’est dans ce contexte très marseillais qu’est venue l’idée baroque d’une alliance entre le parti du Président et Renaud Muselier, le président de la région.

Provocante, Sabrina Roubache refuse le conformisme ambiant. Ses goûts peuvent parfois dénoter. «Plutôt la bouillabaisse que le couscous», s’amuse t-elle à évoquer. Sa fête préférée est Noël avec ses 13 desserts, plus que la fête de l’Aïd. Sa vision de l’immigration consiste à intégrer d’abord ceux qui aiment la France et parlent sa langue.

Sabrine Roubache-Agresti évoque dans ce livre avec beaucoup de pudeur son enfance et sa famille: «Je décris d’où je viens, où je suis née et l’amour que j’ai reçu.» Elle traite avec beaucoup de sincérité dans ce bel opus des sujets qui font l’actualité comme la mixité sociale, les religions, les violences faites aux femmes, le harcèlement, la sécurité. «Naturellement, il y a un chapitre sur Brigitte, devenue son amie et un autre sur le Président», précise t-elle.

Aujourd’hui, après avoir lancé le grand meeting d’Emmanuel Macron à la Porte de Versailles à Paris, elle apporte, cinq ans après, toute son énergie son soutien officiel au candidat pour sa réélection. «Personne ne m’a tenté à part Emmanuel Macron.J’ai découvert l’élection présidentielle de l’intérieur. J’ai 45 ans aujourd’hui et je ne suis rentré en politique qu’à l’âge de 40 ans.»

Son investissement est total aux côtés du couple Macron. Elle tient à faire une mise au point. «Il y a des postes qui ne se refusent. Si un poste de Secrétaire d’Etat m’était proposé, je ne pourrai le refuser», estime t-elle. Pour autant, elle tient à préciser: «Plus je fais de la politique, plus j’ai envie de faire des films.» Elle voudrait continuer à faire de la politique, mais surtout être libre de sa parole. Très convaincue, très engagée, elle fait pourtant la part des choses. «J’ai rencontré Brigitte en premier. Nous parlons de tout sauf de politique».

Mais l’un de ses sujets de prédilection est Marseille, une ville attachante, pleine de contradictions. La ville nécessite des investissements lourds de la part de l’Etat. C’est le sens du projet «Marseille en grand» qu’Emmanuel Macron a évoqué lors de sa venue dans la cité phocéenne. «Je suis très optimiste sur les capacités des marseillais à transformer le modèle», avoue t-elle.

Personnalité chaleureuse, Sabrina Roubache, femme libre et indépendante, est avant tout une femme très courageuse qui force l’admiration !

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