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Sophie Camard, le sens de l’action publique

Ancienne militante écologiste pendant dix ans, tête de liste front de gauche aux élections régionales puis député suppléante de Jean-Luc Mélenchon, Sophie Camard a été élue, lors des dernières élections municipales avec le Printemps Marseillais, maire des 1er et du 7e arrondissements de Marseille. Elle est la seule élue qui a brigué le poste de maire de secteur et a souhaité conserver cette fonction.

Face à la situation de la ville (écoles dégradées, logement indigne, pollution…), Sophie Camard a souhaité s’engager aux élections municipales de 2020 pour une liste citoyenne et d’intérêt général, «Le Printemps marseillais», unissant la gauche, des écologistes et de très nombreux habitants de notre ville qui ne sont plus dans aucun parti politique, derrière la tête de liste centrale Michèle Rubirola. «Je m’engage pour l’écologie et la justice sociale, pour la culture et l’émancipation, et tout ce qui peut nous rendre plus heureux», avait t-elle déclaré en début d’année 2020. La tête de liste sur le secteur des 1er et 7e arrondissements de Marseille, est désormais maire à part entière du 1er secteur depuis le 12 juillet 2020. Elle a rassemblé 39% des suffrages exprimés (et plus de 50% dans le seul 1er arrondissement !), au premier tour des élections municipales, le 15 mars 2020, puis 58% des voix au second tour avec 45% de participation (11 377 voix) le 28 juin 2020.

Ce secteur si contrasté, de Noailles à Bompard, d’Endoume à Belsunce, c’est pour elle le cœur battant de la Ville. C’est celui des mobilisations contre le logement indigne suite à l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, le 5 novembre 2018. Celui du Vieux Port et de la Canebière en pleine transformation piétonne… mais avec sa plaie béante des travaux interrompus de la place Léon-Blum. Celui du littoral de la Corniche, avec Malmousque et le Vallon des Auffes. «C’est celui des plages que l’on doit soigner et garder accessible à tous. Celui d’un beau patrimoine qui n’est pas toujours préservé, voire détruit», précise t-elle.

Un cursus éloquent

Sophie Camard, est née le 9 décembre 1972 au Havre, où elle a grandi dans le quartier HLM de Bléville, puis à Montivilliers, une petite ville de la banlieue havraise. Sa mère était enseignante en comptabilité-gestion dans un lycée professionnel, et son père technicien à la raffinerie de Normandie. A 17 ans, suite à sa mention Très bien au bac, elle s’inscrit à Sciences Po puis elle poursuit ses études jusqu’au Doctorat à l’Université Panthéon-Sorbonne, puis a complété sa formation initiale par un Diplôme Supérieur en Comptabilité Gestion.

Elle a donné au sein de l’Université des travaux dirigés et a également travaillé comme assistante parlementaire au groupe communiste à l’Assemblée nationale. Son sujet de thèse était une monographie politique et sociale de la Seine-Saint-Denis contemporaine, à travers des luttes sociales et des conflits pour l’emploi dans les usines menacées de fermeture. Ce sujet, ainsi que mon engagement personnel, l’a amené à exercer un métier au service des salariés: expert pour les Comités d’Entreprise et les Comités d’Hygiène Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT), fusionnés depuis les ordonnances Macron dans le Comité Social et Economique (CSE). Elle a été recrutée par un cabinet à Marseille en 2003 et elle s’y est installée. Elle réalise des analyses financières, des diagnostics sociaux et organisationnels et fait de la médiation en relations sociale.

Un parcours militant

Sophie Camard a tout été militante pendant dix ans chez les Verts (devenu EELV en 2009), de 2007 après l’élection de Nicolas Sarkozy, à 2017 et l’effacement des Verts à la présidentielle. «Je me souviens de quelques bagarres mémorables, contre l’incinérateur de Fos, pour le parc national des Calanques, contre la pêche au thon rouge, pour les énergies renouvelables et contre le nucléaire, pour l’agriculture biologique du temps où tout le monde trouvait cela farfelu», confie t-elle. Elle a été élue conseillère régionale PACA en 2010 sur une liste verte qui a fusionné avec la gauche au second tour (dernier mandat de Michel Vauzelle 2010-2015). Elle a présidé la commission Développement économique, ainsi que le groupe écologiste.

Aux élections régionales, elle a été la tête de liste pour une «région coopérative», en binôme avec Jean-Marc Coppola, liste réunissant les écologistes et le front de gauche, face à la liste socialiste emmenée par Christophe Castaner. «Notre liste avait fait 6,4 % en région, moyenne de scores contrastés allant de 3% sur la Côte d’Azur à presque 10% sur Marseille», rappelle t-elle. Après cette expérience, elle rejoint Jean-Luc Mélenchon en 2017. Son programme «l’avenir en commun» permettait de réconcilier deux notions clés pour elle: l’écologie et la République sociale. Elle est devenue sa suppléante quand il a été élu Député de la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône, dans le centre-ville de Marseille.

JP.E

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