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Statu quo pour les régions, peu de mouvement pour les départements

Le sursaut de participation n’a pas eu lieu ce dimanche. Tous les présidents sortants de régions métropolitaines devraient conserver leur mandat. Soit sept régions présidées par la droite et cinq par la gauche. Une forte stabilité est également de mise pour les départements.

Ce dimanche encore, comme une semaine plus tôt, seul un électeur sur trois a jugé bon de se déplacer pour voter au deuxième tour des élections régionales et départementales. Malgré les appels au vote répétés de la classe politique, le chiffre de l’abstention est resté quasi identique, ce 27 juin, à celui du premier tour : 66% (contre 66,7%). Seule la région Paca a connu un petit sursaut de participation (+4 points). Lassitude post-Covid, défiance généralisée, illisibilité des scrutins et de leurs enjeux, un peu de tout ça à la fois… Selon un sondage Ipsos/Sopra-Steria réalisé dimanche, ceux qui ont boudé les urnes témoignent de leur mécontentement à l’égard du personnel politique (27%), reconnaissent leur désintérêt pour les candidats (23%) ou avouent avoir “la tête ailleurs” (20%).

“Il y a un climat d’opinion défavorable qui est très installé et qui ne pouvait pas être modifié en une semaine”, estime Pierre Lefébure, politiste à l’Université Sorbonne-Paris Nord. Toutefois, “l’absence de remobilisation au deuxième tour est vraiment surprenante, c’est même un phénomène sans précédent dans la vie politique française”, juge pour sa part le politologue Jérôme Sainte-Marie. Pour sa consoeur Céline Braconnier, dans ce contexte de forte abstention, “ce qu’on a mesuré, c’est la capacité d’un électorat plutôt âgé à continuer à aller aux urnes”. Dès lors, personne ne pourrait s’enorgueillir d’un “enthousiasme particulier pour les candidats” élus.

Ce double scrutin aura au final été marqué par une stabilité quasi totale au niveau des exécutifs régionaux : en France métropolitaine, l’ensemble des treize présidents de régions remportent la mise, le plus souvent avec des scores importants. La droite et le centre conservent donc leurs sept régions. Et la gauche devrait continuer à présider les cinq autres, tandis que la Corse restera présidée par le sortant Gilles Simeoni.

A droite, l’ex-LR Xavier Bertrand a ainsi largement remporté son pari dans les Hauts-de-France. Avec 52,37% des voix, il devance de près de 27 points son adversaire du RN Sébastien Chenu. Laurent Wauquiez l’emporte haut la main en Auvergne-Rhône-Alpes, avec 57,17% face à la liste d’union de la gauche. Et en Ile-de-France, Valérie Pécresse (ex-LR, Libres !), récolte 45% des voix, là encore face à une gauche unie emmenée par l’écologiste Julien Bayou. En Provence-Alpes-Cote d’Azur, qui focalisait les regards en raison d’une possible victoire RN, le sortant Renaud Muselier l’a largement emporté face à Thierry Mariani. Autre région où un doute planait, les Pays de la Loire restent à droite après la victoire (45,3%) de la sortante LR Christelle Morançais, contre 34,6% à la liste de gauche de Matthieu Orphelin.

Hervé Morin en Normandie et Jean Rottner dans le Grand Est ont conservé leurs régions. “On a gagné très largement les municipales, on a gagné les sénatoriales, les législatives partielles, les départementales, les régionales”, en a conclu le président du parti Les Républicains, Christian Jacob.

Dans la lignée du premier tour, la gauche maintient son ancrage régional. En Occitanie, Carole Delga, qui n’avait pas trouvé d’accord avec les écologistes pour le second tour, obtient l’un des scores les plus importants de ces élections avec 57,8% des voix, devant le candidat RN Jean-Paul Garraud et la tête de liste LR Aurélien Pradié. Résultats aussi très favorables en Nouvelle-Aquitaine où le sortant Alain Rousset, qui briguait un cinquième mandat mais n’avait pas trouvé d’alliance de second tour lui non plus avec les écologistes, l’emporte avec un peu plus de 39% des voix, loin devant la candidate RN Edwige Diaz.

Un bémol toutefois en Bretagne où Loïg Chesnais-Girard est sorti vainqueur dimanche de la quinquangulaire, mais son score, entre 29,8% à 30,9% des voix, ne lui permet pas d’assurer la majorité absolue. “Il faudra que le rassemblement le plus large à gauche s’opère dans l’hémicycle, mais nous avons confiance“, a t-il confié.

Loïg Chesnais-Girard n’avait pas fait d’alliance à l’issue du premier tour, ni avec Thierry Burlot, ex-PS et candidat sans étiquette investi par LREM, ni avec l’EELV Claire Desmares-Poirrier. Autres victoires, en Bourgogne-Franche-Comté, où la sortante PS Marie-Guite Dufay, alliée aux écologistes et aux communistes, s’est imposée avec 42,5% des voix, loin devant le candidat LR Gilles Platret, tandis qu’en Centre Val-de-Loire, François Bonneau, à la tête d’une liste de gauche, l’emporte avec 38,5% des voix devant la liste RN d’Aleksandar Nikolic et celle LR-UDI de Nicolas Forissier. Dernier motif de satisfaction : la gauche a remporté la région de La Réunion où Huguette Bello (DVG), à la tête d’une liste d’union de gauche (avec notamment la socialiste Ericka Bareigts), a revendiqué dimanche soir sa victoire face au président de région sortant Didier Robert (DVD), en faisant la seule région qui ait basculé.

Les écologistes ont donc échoué à remporter une région ce dimanche. La galaxie verte avait mis le paquet pour soutenir publiquement sa tête de liste Matthieu Orphelin en Pays de la Loire, région qu’ils avaient identifiée comme étant gagnable en raison d’une présidente de droite sortante arrivée en cours de mandat. Florent Gougou, enseignant-chercheur à Sciences Po Grenoble et spécialiste des élections, souligne cependant que ces régionales sont “historiques” pour les Verts, surtout lorsqu’on les compare aux maigres résultats de 2015.

A peine une poignée d’élus régionaux sur tout le territoire, une modeste consolation en Provence-Alpes-Côte d’Azur où les marcheurs feront partie de l’exécutif : LREM a pour sa part lourdement échoué à s’implanter dans les territoires. Il n’y a pas eu de bonne surprise, voire quelques déceptions supplémentaires : La République en marche et ses alliés ont recueilli moins de 10% de suffrages au second tour des régionales, sachant que le mouvement avait été éliminé dès le premier tour dans trois régions. “Il nous reste beaucoup de pain sur la planche”, a euphémisé dimanche soir le patron de La République en marche, Stanislas Guerini, en évoquant “la déception de la majorité présidentielle”.

Quant au Rassemblement national qui a échoué à remporter la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et repart bredouille comme en 2015, il est en recul partout. Il a toutefois réuni au total 20,5% des voix, en baisse de 6,6 points par rapport à 2015 (27,1%). Dans une brève allocution, Marine Le Pen a accusé les “alliances contre nature” et une “désaffection civique historique” qui “nécessite un travail de réflexion collective” sur la “méthode de mobilisation”, la représentativité, ou encore l’information des électeurs.

Dans l’ombre des régionales, les départementales ont été logiquement marquées par une abstention massive équivalente au premier tour. Là aussi, prime aux sortants, avec un léger avantage à la droite qui renforce encore son implantation. Les ministres Sébastien Lecornu (Eure), Gérald Darmanin (Nord) et Brigitte Bourguignon (Pas-de-Calais) l’ont emporté largement, tout comme Marine Le Pen dans son canton de Hénin-Beaumont. Le RN a en revanche échoué à percer dans les Pyrénées-Orientales, département conservé par la gauche. Événement enfin dans le Val-de-Marne où le Parti communiste a perdu le dernier département qu’il présidait encore, et ce depuis 1976, au profit de la droite : la liste de droite emmenée par Olivier Capitanio l’a emporté devant l’alliance de gauche dirigée par le président sortant Christian Favier. La droite, qui présidait 62 des 101 départements, devrait en gagner cinq de plus : outre le Val-de-Marne, les Alpes-de-Haute-Provence, l’Ardèche, le Finistère et le Puy-de-Dôme. La gauche fait quant à elle basculer la Charente et les Côtes-d’Armor.

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