Le magazine de la vie politique

Ensemble des lauréats

Trophées construction bois : L’éco construction de plus en plus prisée par les professionnels

La 3e cérémonie des prix régionaux de la construction bois s’est tenue le 21 septembre 2021 dans l’amphithéâtre de l’ENSAM. Neuf belles réalisations ont été primées ainsi que les projets de cinq étudiants, attestant indéniablement de l’essor de ce type d’architecture dans la région.

Comme chaque année, l’association Fibois Sud, rassemblant les professionnels de la filière bois, fait du prix de la Construction bois, un véritable temps fort dans l’année. Ce sont neuf prix qui ont été ainsi décernés lors de cette soirée passionnante avec, préalablement, une conférence didactique sur le thème «La forêt, ressource forestière et art de bâtir» animée par l’architecte Stéphane Cochet.

Hélène Corset, directrice générale de l’ENSA-M, a été enthousiasmée par cette soirée qui met en lumière le travail sur les matériaux bio sourcés et la filière bois. «Je suis ravie que plusieurs prix seront attribués cette année à des étudiants. J’espère que ce partenariat va se prolonger dans la durée et que les étudiants vont s’emparer de ces sujets. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir sur le thème de l’impact environnemental», a t-elle évoqué.

La forêt, une mine d’or

Lauréat du prix de la construction bois Ile-de-France avec un projet en ossature bois réalisé à Montreuil, l’architecte Stéphane Cochet qui intervient sur ces thématiques dans des conférences dans toute la France, est intervenu à l’initiative de Fibois sur le sujet de la ressource forestière. «La biomasse des forêt, véritable puit à carbone, est menacée. La déforestation à l’échelle mondiale représente un sixième des gaz à effet de serre émis. La surface forestière a été multipliée par deux en 150 ans. La forêt française représente 30% du territoire» a t-il évoqué en prélude à son intervention.

L’architecte a ensuite abordé le thème de la forêt face au réchauffement climatique. «La seconde révolution industrielle et le réchauffement climatique qu’elle génère apparaît comme une nouvelle menace sur la forêt. Le temps d’adaptation biologique est insuffisant. La foret française constitue 67% des feuillus en France. C’est la 4e sur le plan européen. Il y a plus de 180 espèces. La forêt est fragmentée avec plus de 75 % de propriétés privées», a t-il rajouté.

Puis il a évoqué le thème «Adapter et cultiver la forêt». La construction bois et l’augmentation de l’usage du bois dans la construction permettent d’assurer une structuration de la filière. L’objectif est de caractériser et de transformer les essences feuillues pour utiliser les essences dominantes (chêne, hêtre, châtaignier, peuplier). L’enjeu est d’entretenir et de renouveler la forêt, d’en prendre soin. Il est important de faire des coupes ciblées, de conserver les sols pour une sylviculture plus adaptée de la forêt. Le satellite est utilisée aujourd’hui pour avoir des éléments précis. «Si la forêt est malade, il est de notre devoir de tout couper», a t-il confié.

La forêt est vecteur de neutralité carbone. 15% des gaz à effet de serre nationaux absorbées par la forêt. Autre volet avec l’absorption, le stockage et la substitution. Planter, construire et chauffer représentent un cycle vertueux de régulation de l’empreinte carbone anthropique. «Un immeuble de R+5 en ossature bois représente 80kg de matériaux bio sourcés, 175 m3 de bois mis en œuvre, 1ha de forêt et 100 arbres de haute futaie», a t-il précisé.

Une activité ancienne

La forêt a 800 ans, ses bois plus de mille ans. L’industrie de l’acier n’a que 150 ans et le ciment 75 ans. La construction bois était prépondérante à la fin du XXe. Elle était réalisée à base de petit bois. Paris était le plus grand port de France au Moyen-Age. L’approvisionnement des ports et des chantiers s’effectue par la Seine par du bois de flottage en provenance de Bourgogne et du Nivernais. Autre volet évoqué, de la technique du coulage à l’art de l’assemblage. La construction bois peut être envisagée comme une requalification des métiers du bâtiment et de l’acte de bâtir, un vecteur de la transition numérique et industrielle. Elle est inscrite dans la culture de l’assemblage et de la mixité. L’objectif est de retrouver l’assemblage et l’intelligence des métiers d’art.

Autre volet abordé par Stéphane Cochet : Comment assurer l’habitabilité dans les années à venir? Il s’agit pour lui de répondre aux enjeux majeurs qui se présentent à nous à savoir construire un habitat sain pour l’homme et pour la planète. Cela passe par la transformation d’une économie basée sur l’énergie fossile à une autre forme, une économie écologique. L’enjeu est pour Stéphane Cochet de restaurer les écosystèmes en construisant en bois. Aujourd’hui l’acte de bâtir a des impacts considérables sur le métabolisme planétaire. «Il doit être pris en compte avec la mesure des changements de paradigme que le temps du monde fini nous impose. L’architecture a toute sa place pour opérer les transitions nécessaires», a t-il estimé. A la suite de cette intervention, Gérard Gautier, architecte et président des propriétaires privés forestiers a rappelé en premier lieu la région PACA est la deuxième région la plus boisée de France. De plus, la réglementation énergétique 2020 fait la part belle aux matériaux bio sources.

Habiter une maison

Neuf prix ont été attribués lors de cette soirée. Le premier prix remis par Gérard Gautier et attribué dans la catégorie Habiter une maison a été décerné à deux architectes qui exercent en couple pour une maison à Jausier dans les Alpes de Haute Provence. Le maître d’œuvre Amasa architectes a conçu ce projet en relation avec le constructeur bois Atelier Borealis. «Nous sommes fiers de recevoir ce prix. Nous résidons dans la vallée de l’Ubaye et nous travaillons avec des artisans locaux. Nous avons préconisé une charpente bois apparente et une enveloppe en mélèze. Une partie de la maçonnerie a été réalisée en pierre locale», ont t-ils confié lors de la remise de prix.

Dans la catégorie apprendre et se divertir, le prix a été attribué à l’EREA Louis Aragon, un lysée professionnel intégrant un gymnase et un internat, aux Pennes Mirabeau dans les Bouches-du-Rhône qui a fait l’objet d’une reconstruction par l’AREA. «Le projet a débuté en fait en 2009 suite à un concours de la région. Le chantier a commencé en 2012 et suite à la faille de l’entreprise de gros œuvre et un incendie survenu en 2016, le projet n’a pu reprendre qu’après cela», a expliqué Nicolas Valer, architecte au cabinet Apache qui a bénéficié du concours du cabinet Kaan Coskun. Deux constructeurs bois ont collaboré à ce projet Les charpentiers des Alpes et Provence ainsi que l’entreprise Morel.

Deux architectes talentueux

La troisième catégorie appelé «Travailler, Accueillir» a mis à l’honneur une maison de santé pluriprofessionnelle et un jardin public à Aups dans le Var. Le maître d’ouvrage, la Communauté Lacs et gorges du Verdon, a collaboré avec un remarquable architecte marseillais Nicolas Salmon Legagneur qui a conçu avec son équipe de l’agence NSL un merveilleux projet avec l’appui d’Avenir Construction Bois. «Nous sommes fiers de recevoir cette distinction. Nous avons une véritable responsabilité en tant qu’architecte en matière d’impact environnemental», a évoqué l’architecte qui est également ingénieur.

Ce parc thérapeutique avec diverses essences et le pavillon réalisée avec une charpente en bois comprenant également une enveloppe en ossature bois et intégrant un noyau en maçonnerie utile pour stabiliser le bâtiment a séduit l’équipe municipale de la ville d’Aups et de la communauté de communes.

Le Prix spécial Design de la structure bois a été attribué également à un architecte marseillais, le brillant Emmanuel Dujardin pour une étonnante et superbe réalisation, le siège du groupe Voyage Privé, situé à Aix-en Provence.

Le maître d’ouvrage Campus VPG et Redman Méditerranée a, en effet, confié au cabinet Rougerie-Tangram dans le cadre d’un concours gagné en 2014, ce projet d’un magnifique bâtiment sur la ZAC de la Constance dans la cité du Roy René. «Il s’agit d’un projet de 4 000 m2 soit deux plateaux de 2 000 m2. C’est un open space avec l’abolition des limites entre l’intérieur et l’extérieur. Ce fut aussi un chantier calme dans lequel il y a eu un sentiment d’apaisement», a précisé l’architecte.

Réhabiliter et aménager

Le prix «Réhabiliter un logement» a été attribué par Serge Lièvremont, créateur d’une société spécialisée dans l’écoconstruction, à Mylène Duquenoy pour un projet de surélévation L’abeille demandé par un propriétaire privé niçois. L’architecte a judicieusement a fait appel au constructeur Bois et Construction pour ce projet très séduisant. «Il y avait une verrue dans le centre de Nice. C’est un bâtiment en ossature bois où tout est valisé à l’intérieur»a t-elle précisé.

Le prix Réhabiliter un équipement a été remis par Wilfrid Jaubert, dynamique directeur du CAUE 83, à Panorama Architecture pour le projet du lycée Raynouard à Brignoles. Le cabinet a livré en 2019 ce beau projet utilisant d’une manière pertinente le bois des Alpes pour la réalisation de panneaux verticaux et de la charpente. La Cité du Roy René fut une nouvelle fois à l’honneur dans la catégorie Aménager l’extérieur avec le travail splendide du cabinet Bruno Paillet et Alexandre de Besombes Architectes pour le Country Club Padel. «C’est un bâtiment pur et simple avec des barres de 12 à 14 mètres de haut», a révélé le représentant de Squaw Creek Padels, le maître d’ouvrage.

Aménager l’intérieur

Le prix spécial du savoir-faire a été décerné à un abri de jardin à l’ancienne situé à Mougins dans les Alpes Maritimes. Ce projet réalisé en chêne de Provence a été élaboré avec le concours de la Charpenterie d’autrefois. Enfin, le prix Aménager l’intérieur a été attribué à la médiathèque Salim Hatubu, situé à Plan d’Aou dans le 15e arrondissement de Marseille. Le maître d’ouvrage, la ville de Marseille, a confié au cabinet Mira, architecture et paysage, ce projet qui participe pleinement au désenclavement du quartier de Saint Antoine. «Le bois est présent par le plafond monumental et l’ensemble des éléments mobiliers», a confié l’architecte Christophe Monge.

Pour Jean-Marc Coppola, actuel adjoint à la culture de la ville de Marseille et élu dans ce quartier depuis de nombreuses années, cet équipement était attendu depuis longtemps. «Ce prix est la reconnaissance du travail accompli. Il reflète une fréquentation en hausse et surtout une véritable appropriation par les habitants, les jeunes et les moins jeunes de ce formidable équipement. L’objet même est d’être un lieu de rencontre et un lieu de lecture publique», a t-il souligné.

Cinq étudiants primés

Cette 3e édition qui s’inscrit dans le cadre d’une collaboration étroite avec l’Ecole d’Architecture a pris une dimension supérieure car pour la première fois le prix professionnel était associé à un prix étudiant de la construction bois en partenariat avec l’ENSA-M. Les cinq futurs architectes lauréats ont vu leur travaux et leur engagement en faveur de la filière bois salués par les deux partenaires le Crédit Agricole Alpes Provence et Pro BTP qui leur ont remis un chèque et un séjour en club vacances. Fibois propose à ces étudiants de participer gratuitement à une formation intitulée «Construire en bois avec les essences régionales» organisée par l’interprofession.

Ce sont cinq étudiants qui ont été récompensés lors de cette soirée. Léa Barbaroux, étudiante en licence 2, a remporté un prix pour son travail «Petit équipement et espace public» Tabara Nirlo, également étudiante en licence 2, a obtenu un prix pour «Résurgence d’ici». Nina Pignard, étudiante en Master 1 a eu un prix pour son travail appelé «Agriculture pavillonnaire». Egalement étudiant en Master 1, Tuca Tarallo l’a obtenu pour son travail intitulé «Moulin à papier». Enfin, un prix a été attribué à Marie Deleuil, étudiante en Master 2, pour son travail appelé «Sauver et révéler l’ancienne usine de la Schappe.»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents
A la Une

Un salon fédérateur, didactique et passionnant pour les maires de la région Sud

La convention annuelle des maires de la région Sud se tiendra, le 22 octobre 2021, au Palais du Pharo, à Marseille. Son thème sera cette …

Lire la suite →
A la Une

Rénovation énergétique : les professionnels craignent un nombre de passoires thermiques plus élevé que prévu

La Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier), l’Unpi (Union nationale des propriétaires immobiliers) et l’association Plurience qui regroupe les treize plus gros acteurs du marché de …

Lire la suite →
Actualités

Le festival Image de ville propose une projection du film L’Étang de Berre de Camille Goujon

Ce projet a pour sujet l’histoire de l’Étang de Berre, en partant de l’observation d’une collection de cartes postales ayant pour sujets les sites industriels …

Lire la suite →